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Pluies en berne : Tchad face à l’urgence climatique

Face à une saison des pluies jugée préoccupante et à ses conséquences possibles sur l’agriculture et l’élevage, les autorités tchadiennes ont réuni plusieurs ministères et partenaires internationaux pour évaluer la situation. Une mobilisation nécessaire, mais qui interroge sur la capacité du pays à anticiper les effets du dérèglement climatique plutôt qu’à les gérer dans l’urgence.

Réunion pour mesurer l’ampleur du risque

Le signal n’est plus à prendre à la légère. Le ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, Tahir Hamid Nguilin, a présidé une réunion de haut niveau consacrée à la situation pluviométrique et pastorale à l’échelle nationale.

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Autour de la table, les ministres chargés de l’Agriculture, du Commerce, de l’Élevage et des Affaires humanitaires ont tenté de dresser un état des lieux et d’identifier les réponses à apporter. Pour le Tchad, l’enjeu dépasse largement la seule question météorologique : une mauvaise campagne agricole peut rapidement se transformer en crise alimentaire, tandis qu’une dégradation des pâturages risque d’exacerber les tensions autour de l’accès aux ressources.

La présence de plusieurs partenaires techniques et financiers témoigne également de l’importance du dossier. Banque mondiale, Banque africaine de développement, UNICEF, PNUD, OIM et HCR ont participé aux échanges. Une coalition institutionnelle qui traduit la nécessité d’une réponse coordonnée.

Le climat ne prévient plus

L’objectif affiché est de suivre l’évolution de la saison des pluies et d’en mesurer les conséquences sur les activités agricoles et pastorales. Mais derrière le langage administratif se dessine une réalité beaucoup plus préoccupante : le changement climatique impose désormais aux États sahéliens de penser autrement leurs politiques publiques.

Le Tchad, particulièrement dépendant de l’agriculture et de l’élevage, ne peut se contenter d’attendre que les difficultés apparaissent avant de mobiliser ses partenaires. La variabilité des pluies, les épisodes extrêmes et la pression croissante sur les ressources naturelles devraient pousser les autorités à renforcer les mécanismes d’anticipation.

Il ne s’agit donc pas simplement de répondre à une saison pluviométrique difficile. Il faut préparer le pays aux saisons à venir.

Réveil nécessaire, mais tardif

Certes, cette réunion ne signifie pas que les autorités découvrent aujourd’hui la menace climatique. La question du réchauffement climatique figure depuis plusieurs années dans les agendas publics et dans les programmes de coopération. Des partenaires internationaux accompagnent d’ailleurs le Tchad dans différents secteurs liés à la résilience, à la sécurité alimentaire et à l’adaptation climatique.

Mais une question demeure : pourquoi attendre que les indicateurs deviennent préoccupants pour réunir les principaux acteurs ? Le véritable défi consiste désormais à transformer cette réunion en décisions concrètes. Anticipation des crises alimentaires, amélioration des systèmes d’alerte, soutien aux agriculteurs, sécurisation des zones pastorales et gestion durable de l’eau doivent figurer parmi les priorités.

Pour le Tchad, la rareté pluviométrique n’est pas seulement une mauvaise nouvelle agricole. Elle constitue un avertissement stratégique. Le climat change, les équilibres sociaux aussi. Le temps des réactions ponctuelles devrait céder la place à celui de la prévention. Car face au dérèglement climatique, le réveil tardif peut coûter beaucoup plus cher que l’anticipation.

Martin HIGDE NDOUBA

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