Les campagnes de reboisement portent-elles vraiment leurs fruits ?
54ᵉ édition de la Semaine nationale de l’Arbre, lancée le 20 juillet 2026 à Arada sous le thème « Un Tchad vert, un avenir durable », remet le reboisement au cœur du débat public. En réaffirmant l’objectif présidentiel de planter 10 millions d’arbres en cinq ans, le gouvernement affiche une ambition environnementale forte, soutenue par ses partenaires. Mais au-delà des cérémonies et des plantations symboliques, une question demeure : les campagnes nationales de reboisement produisent-elles des résultats durables ou peinent-elles encore à transformer les paysages ?
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Des campagnes qui traduisent une volonté politique
Au Tchad, la lutte contre la désertification n’est plus une option. L’avancée du désert, la pression démographique, les coupes abusives de bois et les effets du changement climatique fragilisent chaque année un peu plus les écosystèmes. Face à cette réalité, les campagnes de reboisement sont devenues un rendez-vous annuel, mobilisant administrations, collectivités, écoles, organisations de la société civile et partenaires techniques.
Le lancement de la 54ᵉ Semaine nationale de l’Arbre à Arada illustre cette dynamique. En présence du Vice-Premier ministre Limane Mahamat et du ministre de l’Environnement, Hassan Bakhit Djamous, les autorités ont renouvelé leur engagement en faveur de la restauration du couvert végétal. L’objectif de planter 10 millions d’arbres en cinq ans témoigne d’une volonté de faire du reboisement un pilier de la résilience climatique.
Ces campagnes constituent également un signal politique : celui d’un État qui reconnaît l’urgence de préserver les ressources naturelles.
Planter est une étape, faire grandir les arbres en est une autre
Pourtant, la réussite d’une politique de reboisement ne se mesure pas au nombre de plants mis en terre lors des cérémonies officielles. Elle s’évalue plusieurs mois, voire plusieurs années plus tard, lorsque les arbres ont survécu aux sécheresses, aux feux de brousse, au pâturage et aux activités humaines.
C’est là que réside le principal défi. Beaucoup d’observateurs estiment que les campagnes doivent désormais accorder autant d’importance au suivi des plantations qu’à leur lancement. Sans entretien, sans protection et sans implication durable des communautés, une partie des jeunes plants disparaît rapidement, réduisant l’impact des efforts consentis.
Le reboisement ne peut donc être un événement ponctuel. Il doit s’inscrire dans une stratégie continue associant sensibilisation, surveillance et responsabilisation des populations.
Planter ne suffit pas, il faut préserver
Les campagnes de reboisement peuvent produire des effets bien au-delà de la protection de l’environnement. Restaurer le couvert végétal contribue à préserver les sols, limiter l’érosion, améliorer la disponibilité de certaines ressources forestières et renforcer la résilience des territoires face aux changements climatiques.
Le gouvernement bénéficie, dans cette ambition, de l’accompagnement de plusieurs partenaires techniques et financiers qui soutiennent les politiques environnementales, la gestion durable des ressources naturelles et les initiatives d’adaptation climatique.
Mais le succès dépendra aussi de la capacité à transformer ces campagnes en un mouvement citoyen permanent. Les collectivités, les écoles, les associations et les communautés locales ont un rôle essentiel à jouer pour assurer la survie des arbres plantés.
Au fond, la véritable réussite ne sera pas de planter des millions d’arbres, mais de voir ces arbres grandir. Les campagnes nationales ont le mérite de maintenir la question environnementale au premier plan. Désormais, le défi est de faire en sorte que chaque saison de plantation laisse un héritage visible pour les générations futures. Un Tchad plus vert ne naîtra pas seulement de la mobilisation d’un jour, mais de la constance des efforts tout au long de l’année.
Martin HIGDE NDOUBA


