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Tchad : Des flammes, des ruines et aucune leçon tirée

Une fois de plus, un incendie a ravagé un marché, réduisant en cendres les économies de centaines de commerçants. Au Tchad, ces drames se répètent avec une régularité inquiétante, sans que des solutions durables ne soient mises en place. Entre négligence, impréparation et réactions tardives, les milliards continuent de partir en fumée

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Chaque nouvel incendie dans un marché du pays ressemble à une scène déjà vue. Les flammes surgissent, les commerçants tentent de sauver ce qu’ils peuvent, les pertes s’accumulent et, au lendemain du drame, les autorités se rendent sur les lieux pour constater les dégâts. Puis le temps passe, jusqu’au prochain incendie.

Ce qui s’est produit récemment n’est donc ni un accident isolé ni une surprise. Au Tchad, les marchés sont devenus des zones à haut risque où des milliers de familles exercent leurs activités dans des conditions souvent précaires. Les installations électriques improvisées, l’absence de contrôle rigoureux et le manque d’équipements de sécurité créent un terrain favorable aux catastrophes.

Des pertes qui se comptent en milliards

Derrière chaque incendie se cachent des vies bouleversées. Les marchandises détruites représentent parfois plusieurs années d’efforts et de sacrifices. Certains commerçants perdent en une nuit tout leur capital. D’autres se retrouvent lourdement endettés, incapables de relancer leurs activités.

Pourtant, les conséquences dépassent largement les victimes directes. Chaque incendie fragilise l’économie locale, réduit les revenus des ménages et affecte les recettes publiques. Au Tchad, les pertes cumulées liées aux incendies des marchés atteignent des montants considérables qui auraient pu être évités grâce à des mesures simples de prévention.

Médecin après la mort

Comme souvent, les réactions interviennent après la catastrophe. Les visites officielles, les déclarations de compassion et les promesses d’assistance se multiplient lorsque les dégâts sont déjà irréversibles. Mais la véritable question demeure : pourquoi attendre que le pire se produise ?

La plupart des marchés de la capitale ne disposent toujours pas de dispositifs efficaces de lutte contre les incendies. Extincteurs insuffisants, points d’eau inexistants, voies d’accès encombrées pour les secours : les failles sont connues de tous. Au Tchad, cette réalité ne date pas d’hier.

Prévenir plutôt que pleurer les pertes

Le débat ne devrait plus porter uniquement sur l’aide aux sinistrés, mais sur la prévention. Les autorités communales, les gestionnaires des marchés et les commerçants doivent travailler ensemble pour instaurer des normes minimales de sécurité.

Le Tchad ne manque ni d’expertise ni de constats. Ce qui manque surtout, c’est la volonté d’agir avant les drames. Tant que les marchés resteront dépourvus de moyens de secours adaptés, les incendies continueront de détruire des fortunes et des espoirs.

Et au Tchad, chaque nouvelle fumée qui s’élève au-dessus d’un marché rappellera que l’improvisation coûte toujours plus cher que la prévention.

Martin HIGDE NDOUBA

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