Yaourts Tami et Gamar : contrôler avant, pas après
Le scandale des entreprises Tami et Gamar dépasse le simple manquement aux règles d’hygiène. Il révèle les failles d’un système de contrôle qui semble intervenir une fois le danger déjà installé. Derrière les images choquantes de fabrication, une question s’impose : combien de consommateurs ont été exposés avant que les autorités ne réagissent ?
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Un scandale qui ne devrait jamais exister
Les images sont difficiles à regarder. Sols insalubres, matériel inadapté, absence apparente de mesures d’hygiène : les conditions de fabrication des yaourts au sein des entreprises Tami et Gamar ont suscité une vague d’indignation. En décidant de suspendre leurs activités, le ministère du Commerce a envoyé un signal fort. Mais cette décision, aussi nécessaire soit-elle, arrive après la diffusion publique des vidéos.
Dans un État où la sécurité alimentaire est une responsabilité régalienne, l’interrogation est inévitable : les services de contrôle ignoraient-ils réellement ce qui se passait dans ces unités de production ? Ou les inspections étaient-elles tout simplement insuffisantes ?
Les consommateurs, premières victimes
Le véritable enjeu n’est pas seulement la fermeture de deux entreprises. Il concerne les milliers de personnes qui ont acheté et consommé ces yaourts, convaincues qu’un produit vendu sur les marchés répondait aux exigences sanitaires minimales.
Car lorsqu’un aliment est exposé dans une boutique ou un supermarché, le citoyen part du principe qu’il a été contrôlé. Il ne dispose ni des moyens ni des compétences pour vérifier lui-même les conditions de fabrication. Cette responsabilité incombe exclusivement aux autorités compétentes.
Une autre question dérange : comment des yaourts présentés comme ne disposant pas des autorisations requises ont-ils pu circuler aussi longtemps dans les circuits commerciaux ? Cette faille administrative mérite des explications publiques.
Contrôler avant, pas après
L’affaire Tami et Gamar rappelle une réalité souvent observée : les contrôles deviennent visibles lorsque le scandale éclate. Pourtant, la prévention reste la meilleure protection de la santé publique.
Les inspections des unités agroalimentaires devraient être régulières, inopinées et transparentes. Les résultats devraient être rendus publics afin de renforcer la confiance des consommateurs et de responsabiliser les producteurs.
Au-delà des sanctions administratives ou judiciaires qui pourraient être prononcées, cette affaire doit conduire à une réforme durable du dispositif de contrôle sanitaire. Les yaourts ne sont pas un produit anodin : ils sont consommés quotidiennement par des enfants, des femmes enceintes, des personnes âgées et des familles entières.
Le gouvernement est désormais attendu sur des mesures concrètes : renforcer les capacités des services d’inspection, imposer des normes strictes de production et sanctionner sans complaisance toute entreprise mettant en danger la santé de la population.
Ce scandale ne doit pas être un simple fait divers appelé à disparaître avec le prochain buzz. Il doit devenir un tournant. Car si les yaourts vendus aux Tchadiens ne sont pas fabriqués dans des conditions conformes, c’est toute la confiance envers le système de contrôle alimentaire qui vacille. Plus que jamais, la santé publique exige de la vigilance, de la transparence et des décisions prises avant qu’il ne soit trop tard. Les yaourts doivent inspirer confiance, jamais la crainte.
Martin HIGDE NDOUBA

