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Union africaine : miroir d’une démocratie à moitié

Au sommet des chefs d’État, l’Union africaine a de nouveau brandi sa doctrine de « tolérance zéro » contre les prises de pouvoir par les armes. Le principe est louable, presque irréprochable. Mais sur le terrain politique africain, cette fermeté affichée soulève une question sensible : peut-on défendre la démocratie sans dénoncer toutes ses entorses ?

Tolérance sélective

Quand l’Union Africaine condamne les putschs militaires, elle envoie un signal fort. Pourtant, nombre de citoyens s’interrogent sur son silence face aux révisions constitutionnelles opportunistes, aux scrutins contestés et aux oppositions marginalisées. La confiscation du pouvoir ne porte pas toujours l’uniforme ; elle peut aussi se draper dans une légalité de façade.

Le silence de l’Union Africaine sur la longévité excessive de certains régimes alimente le scepticisme. Car les crises armées sont rarement spontanées. Elles prennent racine dans la mauvaise gouvernance, la corruption, l’exclusion sociale et le sentiment d’injustice. Beaucoup attendent de l’Union Africaine qu’elle s’attaque à ces causes profondes avec la même vigueur que celle déployée contre les coups d’État.

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Prévenir plutôt que guérir

La stabilité ne se résume pas à l’absence de militaires au pouvoir. Elle repose sur des institutions crédibles, une alternance réelle et une gestion transparente des ressources publiques. Si l’Union Africaine veut préserver son autorité morale, elle doit promouvoir des règles démocratiques claires et équitables pour tous.

À défaut, l’Union Africaine risque d’apparaître comme une institution qui constate les crises plus qu’elle ne les prévient. Or, les peuples africains aspirent à autre chose qu’à des communiqués : ils attendent une cohérence entre les principes proclamés et les réalités politiques. C’est à ce prix que la confiance pourra être restaurée entre gouvernants et gouvernés.

Martin HIGDE NDOUBA

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