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Tchad : traçabilité et taxes, la nouvelle offensive contre le tabac

Face à la progression des addictions et aux stratégies commerciales de l’industrie du tabac, le Tchad veut durcir la riposte. Une réunion de haut niveau s’est tenue ce vendredi au ministère de la Santé publique et de la Prévention pour accélérer la mise en œuvre du système de traçabilité des produits du tabac, renforcer leur taxation et rechercher des mécanismes de financement durable de la lutte antitabac.

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Une bataille qui dépasse la seule question sanitaire

Dirigée par le ministre de la Santé publique et de la Prévention, Dr Abdelmadjid Abderahim, la rencontre a réuni notamment le ministre du Commerce et de l’Industrie, Guibolo Fanga Mathieu, ainsi que la représentante de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Anya Blanche.

Au menu : les défis liés à la consommation du tabac, des drogues, des produits psychotropes, de l’alcool frelaté et les moyens de financer durablement les politiques publiques destinées à réduire leurs conséquences. Une équation devenue incontournable pour le Tchad, où la prévention doit désormais s’accompagner d’outils de contrôle plus efficaces.

La coordinatrice du Programme national de lutte contre le tabac, l’alcool et les drogues, Dr Nenodji Mbairo, a présenté l’état de la consommation du tabac ainsi que les stratégies déployées par les firmes pour promouvoir et commercialiser leurs produits. Elle a également insisté sur les difficultés de financement auxquelles sont confrontées les actions de lutte.

Traçabilité et fiscalité, les nouvelles armes

Les représentants de la société Kurz ont, pour leur part, présenté les avantages de leur solution de traçabilité et affiché leur volonté d’accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre du processus. Leur intervention s’inscrit dans le cadre de la feuille de route et des exigences de l’accord relatif au contrôle des produits du tabac.

Pour le ministre du Commerce et de l’Industrie, les efforts engagés commencent à donner des résultats encourageants. Guibolo Fanga Mathieu a réaffirmé la disponibilité de son département à soutenir cette initiative, considérant la protection de la population contre les méfaits du tabac comme une responsabilité collective.

L’OMS entend également jouer sa partition. Dr Anya Blanche a rappelé l’importance de l’accompagnement de l’organisation dans cette lutte et assuré de sa disponibilité à soutenir le Tchad dans l’atteinte des objectifs fixés.

Investir dans la prévention plutôt que réparer les dégâts

Le ministre de la Santé publique et de la Prévention a surtout mis en avant les possibilités offertes par les mécanismes de financement innovant. Selon lui, le Tchad dispose d’opportunités à saisir pour financer la lutte antitabac, mais également renforcer les ressources destinées au système de santé.

Pour Dr Abdelmadjid Abderahim, le principal défi reste toutefois la jeunesse. Sensibiliser les jeunes aux conséquences du tabagisme doit constituer une priorité, car c’est à ce niveau que peut se gagner durablement la bataille. Il appelle ainsi à une action coordonnée, dynamique et multisectorielle. Santé, commerce, institutions de contrôle, partenaires techniques et société civile doivent avancer dans la même direction.

Pour le Tchad, l’enjeu ne se limite donc plus à taxer ou à tracer. Il s’agit désormais de prévenir, contrôler et financer une politique publique capable de réduire durablement les ravages des addictions. Les recommandations issues de cette réunion devront surtout passer de la salle de conférence à l’action concrète

Martin HIGDE NDOUBA

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