Tchad : SNRC, une nouvelle arme contre les créances impayées
Lancée officiellement par le ministre d’État Tahir Hamid Nguilin, la Société nationale de recouvrement des créances (SNRC) ambitionne de restaurer la confiance dans le secteur bancaire tchadien et de relancer durablement le crédit à l’économie.
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Une institution au cœur des réformes financières
Le gouvernement tchadien franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son système financier. Ce lundi 4 avril 2026, le ministre d’État en charge des Finances, Tahir Hamid Nguilin, a procédé au lancement officiel de la SNRC, une structure dédiée au recouvrement des créances. À travers cette initiative, les autorités entendent assainir le bilan des établissements bancaires et redynamiser le financement de l’économie.
La SNRC se voit confier une mission centrale : améliorer la gestion des actifs financiers en difficulté et restaurer la fluidité du crédit. Dans un contexte où les créances impayées freinent l’activité bancaire, la création de la SNRC apparaît comme une réponse structurante aux défis du secteur. Elle s’inscrit dans une logique de réforme visant à renforcer la transparence et la solidité du système financier tchadien.

Recouvrement, pilier de la stabilité économique
Pour la directrice de la SNRC, Ramada Abderahim Ndiaye, le recouvrement des créances dépasse largement le cadre technique. Il constitue un levier essentiel pour la survie même du système financier. « Le crédit ne peut circuler sans confiance. Et cette confiance repose sur la capacité à recouvrer les créances », a-t-elle expliqué lors de la cérémonie.
Selon elle, la SNRC joue un rôle déterminant dans la restauration de cet équilibre. En effet, lorsque les créances restent impayées, les banques deviennent fragiles, réduisent leurs prêts et freinent l’investissement. À l’inverse, une structure efficace comme la SNRC permettra de sécuriser les transactions, d’encourager les établissements financiers à prêter davantage et de soutenir les entreprises dans leurs projets de développement.
Organisation structurée et conforme aux normes
Pour atteindre ses objectifs, la SNRC s’appuie sur trois axes majeurs : une organisation institutionnelle solide, le respect strict des exigences réglementaires et le développement de partenariats stratégiques. Cette approche vise à garantir une gestion efficace et transparente des créances à recouvrer.
Le ministre Tahir Hamid Nguilin a insisté sur les fondements techniques ayant conduit à la mise en place de la SNRC. Il a également réaffirmé l’engagement de son département à accompagner cette institution afin d’en faire un levier durable de discipline financière.
Par ailleurs, la SNRC évoluera dans un cadre juridique rigoureux, conforme aux normes prudentielles de la Commission bancaire de l’Afrique centrale. Cette conformité renforce sa crédibilité et rassure les acteurs du secteur financier.

Un signal fort pour les investisseurs
Au-delà de ses missions techniques, la SNRC envoie un message clair aux investisseurs : le Tchad s’engage dans une gestion plus rigoureuse et transparente de son système financier. En améliorant l’efficacité du recouvrement, la SNRC devrait contribuer à restaurer la confiance et à attirer de nouveaux capitaux.
À terme, cette réforme pourrait stimuler la croissance économique en facilitant l’accès au crédit et en soutenant l’investissement privé. Pour les autorités, la SNRC constitue ainsi un instrument stratégique au service de la stabilité financière et du développement du pays.
Martin HIGDE NDOUBA