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Tchad : Sitack Yombatina pourra-t-il restaurer la bourse estudiantine?

Remise au cœur du débat par les recommandations du Dialogue national inclusif et souverain, la question de la bourse étudiante s’impose comme un test majeur pour le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur. Entre attentes pressantes des étudiants et contraintes budgétaires, Sitack Yombatina est attendu au tournant.

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Un héritage politique sensible

Supprimée en 2016 en pleine crise économique sous la houlette du Pr Mackaye Hassane Taïsso, la bourse étudiante n’a jamais cessé d’alimenter frustrations et revendications dans le milieu universitaire. Depuis, plusieurs engagements politiques ont été pris, notamment lors du Dialogue national inclusif et souverain, recommandant explicitement sa réintroduction.

Pourtant, sous le mandat du ministre sortant, Dr Tom Erdimi, le dossier est resté lettre morte. Aucune réforme structurelle n’a été engagée, laissant les étudiants dans l’expectative. L’arrivée de Sitack Yombatina, ancien opposant devenu membre du gouvernement, ravive ainsi les espoirs autour de la restauration de la bourse.

Dans les universités tchadiennes, la précarité étudiante s’est accentuée au fil des années. Entre logements coûteux, difficultés alimentaires et accès limité aux ressources numériques, de nombreux jeunes peinent à suivre leur cursus dans des conditions acceptables.

Dans ce contexte, la bourse apparaît comme un instrument crucial de soutien social. Sa suppression a creusé les inégalités et fragilisé les parcours académiques. Aujourd’hui, sa restauration est perçue comme une mesure urgente pour redonner un souffle au système universitaire et offrir de meilleures perspectives aux étudiants.

L’équation budgétaire

Mais la relance de la bourse se heurte à une réalité incontournable : celle des finances publiques. Dans un pays confronté à des défis économiques persistants, la mobilisation des ressources nécessaires constitue un défi de taille.

Le gouvernement devra ainsi arbitrer entre différentes priorités, au risque de retarder une décision pourtant attendue. Pour Sitack Yombatina, l’enjeu sera de convaincre ses pairs de l’importance stratégique d’investir dans la bourse, tout en explorant des mécanismes innovants de financement.

Un test politique décisif

Au-delà de l’aspect social, la question de la bourse est éminemment politique. Elle cristallise les attentes d’une jeunesse de plus en plus exigeante et attentive aux actes du gouvernement.

Sitack Yombatina, qui s’était illustré par ses prises de position en faveur des étudiants, joue désormais sa crédibilité. Sa capacité à faire avancer ce dossier déterminera en grande partie l’image de son passage au ministère.

Dans un contexte où la parole publique est scrutée, la restauration de la bourse pourrait marquer un tournant. À défaut, elle risque d’alimenter davantage la défiance d’une jeunesse en quête de réponses concrètes

Martin HIGDE NDOUBA

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