Tchad: Quand Saleh Kebzabo dénonce ce que le système préfère taire
La scène politique tchadienne a été secouée par une sortie aussi rare qu’inconfortable. Saleh Kebzabo, figure historique de l’opposition et aujourd’hui allié du pouvoir de N’Djamena, a surpris en dénonçant publiquement les dérives du régime lors du 7é congrès de l’Union Nationale pour la Démocratie et le Renouveau. Un ton critique qui tranche avec la posture d’accompagnement qu’on lui connaissait ces dernières années.
Ancien opposant farouche au MPS sous le maréchal Idriss Déby Itno, Saleh Kebzabo avait fini par incarner, aux yeux de l’opinion, le symbole d’un compromis assumé avec le système. Son engagement au sein de la coalition Tchad Uni et sa proximité avec le pouvoir de transition dirigé par Mahamat Idriss Déby Itno avaient nourri l’idée d’un renoncement définitif à la contestation.
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Quand Saleh Kebzabo rompt le silence et dérange ses alliés
Pourtant, lors de ce congrès, le discours a rompu avec la langue de bois habituelle. En pointant la mauvaise gestion et surtout le népotisme, Saleh Kebzabo a mis des mots sur un malaise largement partagé par la population mais rarement assumé par les alliés du régime. Une prise de position qui a aussitôt enflammé les rangs du MPS.
La réaction du parti au pouvoir a été à la mesure du choc : indignation, accusations de trahison et crispations internes. Car entendre ce type de critique venant d’un allié de premier plan, et non d’un opposant classique, a une portée symbolique redoutable. Lorsque Saleh Kebzabo parle, il ne s’agit pas d’un discours marginal, mais d’un signal politique fort.
Derrière cette polémique se cache une réalité plus profonde : le système supporte mal la critique, surtout lorsqu’elle vient de l’intérieur. En dénonçant le népotisme, Saleh Kebzabo met en lumière les contradictions d’un régime qui se veut réformateur mais reproduit les pratiques d’hier.
Martin HIGDE NDOUBA