Tchad : Mahamat Idriss Déby Itno prêche sur le jugement dernier
Devant un parterre de chefs religieux, Mahamat Idriss Déby Itno a tenu des propos à forte résonance spirituelle. « Nul n’échappera au jugement dernier », a-t-il déclaré, rappelant que dirigeants comme citoyens devront répondre de leurs actes devant le créateur. Une sortie inhabituelle dans la forme, qui a rapidement alimenté les débats dans l’opinion.
En s’adressant aux autorités religieuses, le président Mahamat Idriss Déby Itno inscrit son discours dans un registre éthique et spirituel. Dans un pays où les confessions jouent un rôle social majeur, ce type de message trouve un écho particulier. Le chef de l’État semble ainsi appeler à la responsabilité individuelle, mais aussi à une gouvernance plus vertueuse.
Une parole contraire à la gouvernance
Les propos de Mahamat Idriss Déby Itno n’ont pas tardé à circuler sur les réseaux sociaux. Certains y voient un message salutaire dans un contexte de crise de confiance envers les élites. D’autres, plus critiques, interrogent la cohérence entre cette injonction morale et les difficultés persistantes auxquelles font face de nombreux Tchadiens : accès à l’eau, emploi des jeunes, coût de la vie.
A lire aussi /Niger: des kits sanitaires pour changer des vies
Dans un pays où religion et politique s’entrecroisent souvent, la déclaration de Mahamat Idriss Déby Itno illustre l’usage du registre spirituel dans la communication publique. Pour ses partisans, évoquer le jugement dernier revient à rappeler que l’autorité terrestre a des limites et que la redevabilité est aussi morale. Pour ses détracteurs, ce type de discours ne saurait se substituer à des réponses concrètes aux attentes sociales.
Mahamat Idriss Déby Itno joue ici sur un terrain sensible, celui de la conscience et de la foi. Mais dans l’arène politique, le jugement des citoyens repose d’abord sur les résultats. Et pour Mahamat Idriss Déby Itno, comme pour tout dirigeant, c’est sans doute dans l’amélioration des conditions de vie que se dessinera le verdict le plus immédiat de l’opinion.
Martin HIGDE NDOUBA