Tchad: Mahamat Assileck Halata s’explique, mais l’opacité persiste
Il y a des dossiers qui collent à la peau du pouvoir comme des poux sur la tête. Celui de la digue de Walia en fait désormais partie. Les révélations du contrôleur général de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), Ousmane Abdelkerim Djougourou, sur l’attribution d’un marché de 17 milliards de francs CFA à une entreprise née en 2022 ont jeté une ombre épaisse sur la gestion de ce chantier stratégique. Et dans cette affaire, le ministre de l’Aménagement du territoire, Mahamat Assileck Halata ne peut pas se contenter de détourner le regard.
L’urgence contre les règles ?
“Le code des marchés publics est clair : dix ans d’expérience sont exigés pour des projets de cette envergure”, selon Ousmane Abdelkerim Djougourou.
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Pourquoi cette règle aurait-elle été contournée ? Qui a validé ce choix ? Derrière ces questions se dessine un malaise plus profond : celui d’un État qui invoque l’urgence quand la loi devient contraignante. Certes, la lutte contre les inondations est une priorité nationale. Mais depuis quand l’urgence autorise-t-elle l’exception permanente ? À ce jeu dangereux, de nombreux observateurs, confier un chantier aussi stratégique à une entreprise peu expérimentée, interroge sur les critères réels ayant prévalu. Une interrogation qui retombe, encore une fois, sur Mahamat Assileck Halata.
Devant l’Assemblée nationale, le ministre de l’Aménagement du territoire, Mahamat Assileck Halata a défendu ce dossier avec une fermeté presque excessive. Trop de certitudes, trop peu d’explications. Cette posture rassure. Toutefois, ça alimente les soupçons. Car quand un responsable politique se montre plus combatif que pédagogue, c’est souvent le signe que le dossier est lourd. Mahamat Assileck Halata s’impose comme un symbole d’une gouvernance contredite.
Gouverner, c’est rendre des comptes
Personne ne nie la nécessité de protéger les populations contre les inondations. Mais gouverner, ce n’est pas seulement agir vite, c’est agir juste. Une digue mal attribuée peut contenir l’eau aujourd’hui, mais elle fissure la confiance demain. À l’heure où la parole publique est déjà fragilisée, l’affaire Walia sonne comme un avertissement.
Mahamat Assileck Halata a désormais le choix : éclairer l’opinion par la transparence ou laisser ces « poux » proliférer, au risque de voir la défiance devenir la véritable inondation politique.
Martin HIGDE NDOUBA