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Tchad : Les larmes de Djibrine Assali, symptôme d’une refondation imaginaire

Il y a des images qui valent mille discours. Celle de Djibrine Assali, ancien leader syndical, en larmes lors de l’assemblée générale tenue à l’École du Centre, en fait partie. Ce n’était ni une mise en scène, ni un calcul politique. C’était un effondrement. Un cri muet.

Quand Djibrine Assali laisse les larmes remplacer les mots, ce n’est pas un homme qui faiblit. C’est un système qui vacille.

L’éducation, éternelle oubliée des priorités nationales

On parle de « 12 chantiers et 100 actions ». On parle de refondation. On parle d’avenir. Mais quel avenir peut se construire sans école forte ?

À écouter Djibrine Assali, une évidence s’impose : l’éducation nationale ne semble pas être au cœur des priorités. Les infrastructures restent précaires, les engagements tardent à être respectés, le dialogue social ressemble à un monologue institutionnel.

Comment prétendre refonder un pays en laissant ses enseignants dans l’incertitude permanente ?

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Soutenir Djimoudouel Faustin, briser la peur

En apportant son soutien au président du Syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET) Djimoudouel Faustin, actuellement en détention, Djibrine Assali a franchi une ligne que beaucoup hésitent à approcher.

Dans un climat où la parole critique se raréfie, voir Djibrine Assali assumer publiquement ce soutien envoie un message clair : le silence n’est plus une option.

Une nation face à son miroir

Voir Djibrine Assali pleurer, c’est voir un père éducateur brisé par l’indifférence. C’est constater que la refondation proclamée ne touche pas encore la salle de classe.

Une République qui laisse ses enseignants s’effondrer s’expose à un avenir fragile. Car on ne bâtit pas une nation solide sur une école affaiblie.

Les larmes de Djibrine Assali ne sont pas un signe de faiblesse. Elles sont un avertissement. Et le plus inquiétant serait que personne, au sommet, ne les entende.

Martin HIGDE NDOUBA

 

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