Actualités

Tchad/Dibébé, le puits du mal : 33 morts pour une source d’eau

À Dibébé, dans le département de Ngoura, l’eau n’est plus synonyme de vie. Ce village perdu entre les provinces du Hadjer-Lamis et du Barh El-Gazal abrite un puits, vital pour les éleveurs et les agriculteurs de la région. Mais il est devenu le théâtre d’un affrontement meurtrier ayant coûté la vie à 33 personnes et faisant de nombreux blessés. 

Le drame de Dibébé interroge : comment comprendre qu’en plein XXIᵉ siècle, dans un pays pétrolier, l’eau reste une denrée rare au point d’opposer frères et voisins ? À Dibébé, la soif n’est pas seulement physique : elle est aussi sociale, politique et morale. Elle reflète les manquements d’un État incapable d’assurer à ses citoyens le minimum vital.

A lire aussi /  Tchad/École mobile : l’éducation roule à la rencontre des enfants oubliés

Le gouvernement, fidèle à son réflexe tardif, a envoyé une mission ministérielle conduite par Limane Mahamat, ministre de l’Administration du Territoire. Objectif affiché : “faire la lumière sur les causes du conflit de la région , établir les responsabilités et engager les poursuites judiciaires”. Mais pour beaucoup, cette intervention sonne comme un constat d’échec. 

Le cas de Dibébé n’est pas isolé : il symbolise les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs dans plusieurs régions du pays. Partout où l’eau se fait rare, la paix s’évapore. Et tant que l’État n’agira pas pour garantir l’accès équitable à cette ressource vitale, d’autres Dibébé risquent d’éclore, avec leur lot de larmes et de deuils.

HIGDE NDOUBA Martin 

 

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page