Tchad : DDRR, pari ambitieux pour refermer les blessures du passé
À N’Djamena, les autorités tchadiennes accélèrent la mise en œuvre du programme de Désengagement, Dissociation, Réintégration et Réconciliation. Réunis autour d’un atelier stratégique, responsables gouvernementaux et partenaires internationaux planchent sur un protocole destiné à encadrer l’identification et l’orientation des bénéficiaires. Une étape jugée décisive pour faire du DDRR un instrument de paix durable.
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Cadre pour garantir la transparence
Le gouvernement tchadien entend franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de consolidation de la paix. Ce mardi 23 juin 2026, la ministre de la Justice et des Droits humains, garde des Sceaux, Ndolenodji Alixe Naïmbaye, a présidé à N’Djamena un atelier consacré à l’élaboration du protocole relatif aux procédures d’éligibilité, de non-éligibilité et d’orientation des bénéficiaires du DDRR.
Cette rencontre réunit des représentants des institutions nationales, des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs experts impliqués dans le processus. L’objectif est d’établir des règles claires et consensuelles permettant de sélectionner les bénéficiaires du programme selon des critères transparents et crédibles.
Pour les autorités, le succès du DDRR dépend largement de la confiance que les populations et les acteurs concernés accordent aux mécanismes mis en place. D’où l’importance de définir un cadre opérationnel capable de répondre aux exigences de justice, d’équité et d’efficacité.
Faire de la réconciliation une priorité nationale
Dans son intervention, Ndolenodji Alixe Naïmbaye a rappelé que le DDRR s’inscrit dans une vision globale visant à renforcer la cohésion sociale et à prévenir les risques de résurgence des conflits. Selon elle, la réconciliation nationale ne peut être durable sans un accompagnement adapté des personnes concernées par ce processus.
La ministre a insisté sur la nécessité d’élaborer un protocole tenant compte des réalités du terrain et des spécificités du contexte tchadien. Elle a également invité les participants à conduire leurs travaux dans un esprit d’inclusivité et d’appropriation nationale afin que les résultats obtenus bénéficient d’une large adhésion.
Au-delà de son aspect technique, le DDRR est perçu comme un levier politique et social destiné à favoriser le dialogue, la stabilité et le vivre-ensemble.
Soutien international affirmé
La mise en œuvre du DDRR bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires internationaux. La ministre a notamment salué l’engagement du Royaume des Pays-Bas, du Système des Nations unies, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), de COOPI et de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Ces partenaires accompagnent le gouvernement tchadien dans la conception et l’exécution des différentes composantes du programme. Leur soutien est considéré comme essentiel pour assurer la réussite du DDRR et renforcer les capacités nationales dans la gestion des enjeux liés à la paix et à la réconciliation.
À travers cette initiative, les autorités espèrent faire du DDRR l’un des piliers de la stabilité du pays, dans un contexte où la consolidation de la paix demeure un défi majeur pour l’avenir du Tchad.
Martin HIGDE NDOUBA

