Tchad : CNDH au cœur du chantier de la réconciliation
À l’heure où le Tchad cherche à consolider la paix et à renforcer l’État de droit, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) s’impose comme un acteur incontournable du processus de justice transitionnelle. La visite d’une mission de l’Union africaine à N’Djamena ouvre de nouvelles perspectives de coopération autour de la vérité, de la réparation des victimes et de la réconciliation nationale.
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CNDH, interlocuteur privilégié de l’Union africaine
La coopération entre les institutions africaines et les mécanismes nationaux de protection des droits humains franchit une nouvelle étape. Le 24 juin 2026 à N’Djamena, le président de la CNDH, Belngar Larmé Jacques, a reçu une délégation de l’Union africaine conduite par Maria Jose Samba Ovono Obono, représentante spéciale du président de la Commission de l’Union africaine au Tchad.
Après un entretien en tête-à-tête, les discussions se sont élargies aux équipes des deux institutions. Au centre des échanges : le renforcement de la coopération dans les domaines des droits humains, de la justice et de la consolidation de la paix.
Cette rencontre intervient dans un contexte où le Tchad poursuit ses efforts pour tourner les pages les plus douloureuses de son histoire récente. Dans cette dynamique, la CNDH apparaît comme un partenaire essentiel pour accompagner les initiatives visant à promouvoir une paix durable.
Évaluer les défis de la justice transitionnelle
La visite s’inscrit dans le cadre d’une mission conjointe de l’Union africaine et du Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ). L’objectif est d’identifier les opportunités et les défis liés à la mise en œuvre d’une justice transitionnelle adaptée aux réalités tchadiennes.
Selon la cheffe de mission, cette démarche vise à mieux cerner les besoins en matière d’assistance technique et institutionnelle afin de soutenir les mécanismes de vérité, de justice, de réparation et de réconciliation.
Au cours des échanges, la CNDH a présenté son mandat ainsi que les actions qu’elle mène pour promouvoir et protéger les droits fondamentaux. Son président a réaffirmé la disponibilité de l’institution à contribuer à toute initiative susceptible de renforcer la cohésion sociale et la confiance entre les citoyens et les institutions.
Les discussions ont également permis d’identifier plusieurs défis persistants : la lutte contre l’impunité, la réparation des victimes, le renforcement des institutions publiques et la prévention des tensions communautaires.
Ambition commune pour la paix et État de droit
Les participants ont insisté sur la nécessité d’une approche inclusive. Pour être efficace, la justice transitionnelle doit associer les victimes, les femmes, les jeunes, les organisations de la société civile et l’ensemble des acteurs concernés.
L’Union africaine a salué le travail accompli par la CNDH dans la promotion des droits humains et a réaffirmé sa volonté d’accompagner l’institution dans le renforcement de ses capacités. Cet appui pourrait se traduire par des actions de formation, de conseil et d’assistance technique.
De son côté, la CNDH voit dans ce partenariat une opportunité de consolider son rôle dans les processus de réconciliation nationale. Son président a souligné que cette coopération témoigne de l’attention portée aux efforts du Tchad en faveur de la paix et de l’État de droit.
À travers cette nouvelle étape de collaboration, la CNDH et l’Union africaine affichent une ambition commune : faire de la justice transitionnelle un levier durable de réconciliation, de stabilité et de protection des droits humains au Tchad.
Martin HIGDE NDOUBA


