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Tchad: Abderaman Koulamallah face à ses contradictions

L’histoire politique tchadienne est jalonnée de trajectoires complexes, parfois contradictoires. Celle de Abderaman Koulamallah en est une illustration frappante. Ancien rebelle, arrêté puis gracié sous le régime du défunt Maréchale Idriss Déby Itno, Abderaman Koulamallah se retrouve aujourd’hui au cœur d’une polémique après son opposition affichée au projet d’amnistie.

Une prise de position qui divise

La sortie récente du sénateur Abderaman Koulamallah sur le projet d’amnistie a provoqué une onde de choc dans l’opinion publique tchadienne. Opposé à toute mesure susceptible, selon lui, « d’affaiblir le pouvoir des juges », l’ancien rebelle estime que les amnisties et les grâces ne doivent pas servir de raccourci juridique à ceux qui se seraient écartés du droit chemin. Une déclaration qui a rapidement enflammé les réseaux sociaux.

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Tchad: Abderaman Koulamallah face à ses contradictionsFace aux critiques, Abderaman Koulamallah a tenu à clarifier sa situation. Selon lui, son cas ne peut être assimilé à celui d’un délinquant ordinaire. Il rappelle avoir pris les armes au nom de convictions politiques et avoir agi en tant que porte-parole d’un mouvement rebelle structuré. Son retour au pays, insiste-t-il, s’est fait dans le cadre d’un accord politique visant à consolider le processus de paix.

Dans son argumentaire, Abderaman Koulamallah établit une distinction nette entre une grâce individuelle et un arrangement politique. Il affirme que la régularisation de sa situation judiciaire était une condition indispensable à son retour sur la scène politique et institutionnelle. « Ce n’était pas une faveur, mais un accord de donnant-donnant », soutient-il, mettant en avant la logique de réconciliation alors poursuivie par les autorités.

Le poids de l’histoire

Au-delà du cas personnel, la polémique autour de Abderaman Koulamallah met en lumière un débat plus large sur la justice transitionnelle au Tchad. Comment concilier exigence de justice, mémoire des conflits et impératif de paix durable ? La question divise une opinion publique encore marquée par des décennies de crises politico-militaires.

Qu’il le veuille ou non, Abderaman Koulamallah se retrouve confronté à son propre passé. Dans un pays où l’histoire politique reste vive et sensible, chaque prise de position est scrutée à l’aune des trajectoires individuelles. Cette affaire rappelle une constante de la vie publique tchadienne : l’histoire finit toujours par rattraper ses acteurs.

Martin HIGDE NDOUBA

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