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Six ans de colonie gratuite : zéro soutien public, quel paradoxe ?

Au Centre culturel Koulsy Lamko, la 6ᵉ édition de la colonie gratuite « Départ avec le Cœur 2026 » a refermé ses portes sur une note de satisfaction, mais aussi sur une interrogation persistante : jusqu’à quand les initiatives citoyennes en faveur de l’éducation des enfants devront-elles avancer sans accompagnement public ?

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Une clôture sous le signe de la solidarité

Parents, apprenants, membres de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), représentants de YANLOM’S Prod et la députée Weldang Mariam Dagou ont pris part à la cérémonie de clôture organisée au Centre culturel Koulsy Lamko de la compagnie Hadre Dounia.

Après plusieurs semaines d’activités éducatives et culturelles, la colonie « Départ avec le Cœur 2026 » a permis à de nombreux enfants de bénéficier d’un cadre d’apprentissage, de partage et d’épanouissement. Une initiative qui, année après année, tente de proposer une autre occupation aux enfants pendant les vacances.

Mais derrière les applaudissements de la cérémonie finale, une réalité demeure : malgré sa sixième édition, cette colonie continue de fonctionner sans véritable accompagnement du gouvernement.

Initiative citoyenne qui cherche encore des soutiens

Dans un pays où les défis liés à l’éducation, à l’encadrement et à la protection des enfants restent importants, la question de l’accompagnement des initiatives communautaires mérite d’être posée.

L’objectif d’une colonie éducative ne se limite pas à occuper les enfants pendant les vacances. Elle peut également contribuer à développer la discipline, la créativité, le vivre-ensemble, la lecture, la culture et le sens du partage.

C’est précisément sur ce terrain que la compagnie Hadre Dounia entend inscrire son action. Depuis plusieurs éditions, ses responsables misent sur l’engagement citoyen et la mobilisation de partenaires pour maintenir cette activité.

« Départ avec le Cœur », une école de la vie

Pour Jean Kevin Nganknodji, alias Hadre Dounia, président du Centre culturel Koulsy Lamko, la satisfaction est au rendez-vous. Il a salué l’ensemble des personnes ayant contribué, directement ou indirectement, à cette sixième édition, notamment à la députée Weldang Mariam Dagou, qui a offerte un paquet de cahier à chaque apprenant, un geste inoubliable, à Abakar Djarma, Monique Ngaralbaye et Noh Amo Koné.

La colonie constitue, selon lui, un espace où les enfants peuvent apprendre autrement, découvrir leurs talents et surtout développer une culture du partage.

Son message est simple : investir dans l’enfant aujourd’hui, c’est préparer l’adulte de demain. Une ambition qui suppose toutefois des moyens, des infrastructures et un accompagnement durable.

YANLOM’S Prod mise sur dix enfants

La cérémonie de clôture a également été marquée par un geste concret de YANLOM’S Prod. L’association a décidé d’accompagner dix enfants, filles et garçons orphelins, dans leur cursus scolaire. Le suivi de cet accompagnement sera assuré par le secrétaire général de l’association, Blague Nguelenoum Sou.

Au-delà de la colonie, cette initiative ouvre ainsi une nouvelle perspective : transformer une action ponctuelle de vacances en un accompagnement plus durable de certains enfants.

L’État face à ses responsabilités

La question demeure néanmoins entière. Si des associations, artistes, acteurs culturels et citoyens parviennent à organiser une colonie gratuite grâce à leurs propres efforts, ne serait-il pas pertinent que les pouvoirs publics réfléchissent à des mécanismes d’appui aux initiatives éducatives et culturelles destinées aux enfants ?

Il ne s’agit pas nécessairement de remplacer l’action citoyenne, mais de la soutenir lorsqu’elle rejoint des objectifs d’intérêt général.

La colonie « Départ avec le Cœur 2026 » se termine donc, mais le débat reste ouvert. Car préparer l’avenir d’un pays ne consiste pas seulement à construire des infrastructures. Cela passe aussi par l’éducation, l’encadrement et la protection de ceux qui auront demain la responsabilité de les faire vivre.

Martin HIGDE NDOUBA

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