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SET se déchire : qui pour porter la croix de Djimhoudouel Faustin ?

Depuis onze mois, Djimhoudouel Faustin, président du Syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET), est détenu à la maison d’arrêt de Klessoum après sa condamnation à un an de prison ferme. Alors que son cas illustre les risques auxquels peuvent être exposés les responsables syndicaux, le SET traverse à son tour une profonde crise interne. Suspensions, contestations de légitimité et affrontements entre responsables : jusqu’où cette guerre syndicale peut-elle aller, et qui pourrait être le prochain à prendre le chemin de Klessoum ?

Crise syndicale qui tourne au règlement de comptes

Djimhoudouel Faustin est toujours derrière les barreaux. Condamné par le Tribunal de grande instance de N’Djamena à un an de prison ferme et à une amende de 25 000 francs CFA, le président du SIET est devenu, malgré lui, le symbole d’une contestation syndicale qui peut coûter cher à ceux qui la portent.

Mais alors que son sort reste en suspens, une autre bataille se joue au sein du SET. Le bureau national a décidé de suspendre, jusqu’à nouvel ordre, la section de N’Djamena. Parmi les griefs avancés figurent le non-respect de la voie hiérarchique dans la conduite des affaires syndicales ainsi que la prise d’initiatives et d’actions revendicatives sans l’aval du bureau exécutif national. Une décision qui aurait provoqué une nouvelle fracture au sein de l’organisation.

SET face à ses propres contradictions

Après la suspension du bureau exécutif provincial de N’Djamena, le secrétaire général du SET, Abdelkader Djibia, a affirmé : « Nous ne reconnaissons plus le bureau exécutif national du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET). »

Cette déclaration illustre l’ampleur du bras de fer. D’un côté, une direction nationale qui entend rappeler la discipline syndicale. De l’autre, des responsables locaux qui contestent désormais la légitimité de cette même direction.

À force de suspensions, de désaveux et de déclarations contradictoires, la défense des enseignants risque pourtant de passer au second plan. Or, un syndicat existe d’abord pour porter les revendications de ses membres, négocier avec les autorités et protéger leurs intérêts.

Quand les divisions fragilisent la lutte

Le véritable problème n’est donc pas seulement de savoir qui contrôle le SET, mais de comprendre ce que deviennent les enseignants lorsque leurs propres représentants ne parviennent plus à parler d’une seule voix.

Les divergences internes sont normales dans toute organisation. Mais lorsqu’elles se transforment en exclusions, suspensions et contestations de légitimité, elles peuvent affaiblir la mobilisation collective.

Le cas de Djimhoudouel Faustin devrait pourtant servir de rappel : dans un contexte où l’action syndicale peut conduire devant les tribunaux, la division entre organisations et responsables enseignants ne fait que réduire leur capacité à défendre leurs revendications.

Le véritable problème n’est donc pas seulement de savoir qui contrôle le SET, mais de comprendre ce que deviennent les enseignants lorsque leurs propres représentants ne parviennent plus à parler d’une seule voix.
Les divergences internes sont normales dans toute organisation. Mais lorsqu’elles se transforment en exclusions, suspensions et contestations de légitimité, elles peuvent affaiblir la mobilisation collective.

Le cas de Djimhoudouel Faustin devrait pourtant servir de rappel : dans un contexte où l’action syndicale peut conduire devant les tribunaux, la division entre organisations et responsables enseignants ne fait que réduire leur capacité à défendre leurs revendications.

Le syndicalisme enseignant peut-il encore parler d’une seule voix ?

Le SET se retrouve ainsi devant une question essentielle : comment convaincre les enseignants de se mobiliser lorsque leurs propres responsables règlent leurs désaccords par des suspensions et des ruptures institutionnelles ?

À Klessoum, Djimhoudouel Faustin poursuit sa détention. Pendant ce temps, le mouvement syndical enseignant se divise. Le paradoxe est cruel : ceux qui devraient montrer l’exemple d’une organisation collective donnent le spectacle d’une bataille interne.

Pour les enseignants, la question n’est donc plus seulement de savoir qui dirige le SET, mais qui sera capable de préserver l’unité syndicale et de défendre leurs intérêts sans transformer les divergences en guerre fratricide.

Martin HIGDE NDOUBA

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