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Sécurité alimentaire : Allah Maye Halina face aux poisons du quotidien

Entre drogues, boissons frelatées, eaux non conformes et menaces sur la campagne agricole, le Tchad fait face à une accumulation de risques qui dépassent la seule question sanitaire. En réunissant les services concernés, Allah Maye Halina veut afficher une réponse plus ferme. Mais entre les instructions gouvernementales et leur application sur le terrain, le chemin reste long.

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Une alerte qui ne peut plus attendre

La réunion de travail présidée vendredi 21 août 2026 par le Premier ministre Allah Maye Halina intervient dans un contexte où plusieurs signaux devraient interpeller les pouvoirs publics. La sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire ne sont pas des sujets secondaires : elles touchent directement la santé, la stabilité sociale et l’avenir économique du pays.

La circulation des drogues et des substances psychotropes, notamment chez les jeunes, inquiète. À cela s’ajoutent les boissons alcoolisées frelatées, les eaux conditionnées non conformes et les mauvaises pratiques dans la manipulation ou l’exposition des aliments. Autant de phénomènes qui prospèrent lorsque le contrôle est insuffisant et que la sanction tarde à suivre.

En demandant aux services compétents de renforcer les contrôles et de sévir, Allah Maye Halina reconnaît implicitement que la prévention ne suffit plus. Il faut désormais passer des discours aux actes.

Contrôler, sanctionner, mais surtout prévenir

Le problème n’est pourtant pas seulement celui des produits dangereux. Il est aussi celui des mécanismes de contrôle. Qui vérifie régulièrement les boissons vendues dans les quartiers ? Qui contrôle la qualité des eaux conditionnées ? Qui surveille les conditions de conservation des aliments ?

La réponse de Allah Maye Halina devra donc dépasser les opérations ponctuelles destinées à rassurer l’opinion. La lutte contre les produits frelatés exige des contrôles réguliers, des laboratoires capables d’identifier rapidement les substances dangereuses et une véritable coordination entre les administrations. Car sanctionner quelques vendeurs ne suffira pas si les circuits d’approvisionnement continuent de fonctionner.

La menace silencieuse de la campagne agricole

L’autre urgence évoquée par Allah Maye Halina concerne la campagne agricole 2026-2027. Plusieurs provinces connaissent déjà un déficit pluviométrique préoccupant. Dans un pays où une grande partie de la population dépend directement de l’agriculture et de l’élevage, une mauvaise campagne pourrait rapidement se traduire par une hausse des prix et une aggravation de l’insécurité alimentaire.

L’instruction donnée au ministère de la Production et de l’Industrialisation Agricole pour accélérer le projet N’Djaména Fara apparaît ainsi comme une nécessité. Mais Allah Maye Halina devra surtout veiller à ce que l’urgence ne reste pas administrative.

La réunion du 21 août peut constituer un tournant, à condition que les décisions annoncées soient suivies d’effets mesurables. Allah Maye Halina a posé le diagnostic. Il lui revient désormais de démontrer que l’État peut contrôler ses marchés, protéger sa jeunesse et anticiper les crises alimentaires. Au Tchad, les populations n’attendent plus seulement des instructions. Elles veulent des résultats.

Martin HIGDE NDOUBA

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