Produits périmés : jusqu’où ira la vigilance à N’Djamena ?
La saisie de marchandises périmées au marché à Mil, à N’Djamena, est une mesure salutaire. Mais elle révèle surtout l’urgence d’une surveillance permanente. Quand des produits dangereux arrivent jusqu’aux consommateurs, la question n’est plus seulement commerciale : elle devient une affaire de santé publique et de responsabilité collective.
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Quand le commerce devient un risque
À N’Djamena, le contrôle effectué le 27 août au marché à Mil par la Direction de l’Assainissement, de l’Environnement et de la Santé, avec la Police Sanitaire Municipale, mérite d’être salué. Des bonbons, des produits pharmaceutiques et des articles cosmétiques périmés ou non conformes ont été retirés du circuit.
Ces produits auraient pu continuer leur chemin jusqu’aux foyers, aux enfants et aux familles. C’est précisément là que se situe le danger. Un produit périmé n’est pas une simple marchandise invendue. Il peut devenir un problème sanitaire.
La capitale ne peut donc pas se contenter de découvrir périodiquement des produits impropres à la consommation. Il faut contrôler, prévenir, sanctionner et surtout recommencer.
La santé publique exige plus de vigilance
Certains commerçants peuvent considérer le contrôle comme une contrainte. C’est une erreur. La réglementation sanitaire n’est pas destinée à empêcher le commerce, mais à empêcher que le commerce ne mette en danger la population.
Vendre des produits périmés, mal conservés ou non conformes revient à faire porter au consommateur un risque qu’il n’a pas choisi. Celui qui achète ne devrait pas avoir à jouer au contrôleur sanitaire avant chaque achat.
Les autorités municipales doivent donc renforcer les inspections dans les marchés, boutiques et autres lieux de vente. Mais le contrôle doit également être accompagné de sanctions réellement dissuasives. Une saisie sans conséquence durable risque de transformer la lutte contre les produits dangereux en simple opération de communication.
Le consommateur ne doit pas être abandonné
La responsabilité est aussi collective. Les commerçants doivent surveiller leurs stocks et retirer immédiatement les produits arrivés à expiration. Les autorités doivent poursuivre leurs contrôles. Quant aux consommateurs, ils doivent vérifier les dates de péremption et l’état des emballages.
Mais soyons clairs : la vigilance du consommateur ne peut remplacer celle de l’État et des collectivités. Une population qui achète un produit ne devrait pas avoir à posséder des compétences d’inspecteur pour se protéger.
L’opération du marché à Mil rappelle finalement une vérité simple : derrière chaque produit vendu se trouve une responsabilité. Celle de ne pas tromper, de ne pas exposer et de ne pas mettre en danger.
N’Djamena a besoin de marchés propres, mais aussi de marchés sûrs. Le contrôle sanitaire ne doit donc plus être perçu comme une intervention exceptionnelle. Il doit devenir une routine administrative, visible et constante. Parce qu’en matière de santé publique, mieux vaut retirer aujourd’hui quelques produits des étals que compter demain les victimes.
Martin HIGDE NDOUBA

