Procès à Bobo-Dioulasso : un jeune orpailleur risque 7 ans de prison après une mort
Un jeune orpailleur, comparaît devant le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso après la mort d’un autre orpailleur qu’il soupçonnait de vol. Il nie avoir porté les coups mortels. Le parquet requiert sept ans de prison, dont cinq ans ferme.
Un soupçon de vol qui vire au drame
Le dossier jugé le vendredi 18 septembre 2026 trouve son origine sur un site d’orpaillage à Karangasso-Vigué. Un jeune orpailleur, père de deux enfants et vivant en union libre, est poursuivi pour des violences ayant entraîné la mort d’un autre orpailleur, plus jeune que lui.
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À la barre, le jeune orpailleur nie être l’auteur des coups mortels. Il affirme avoir découvert la disparition de son riz, de son huile et de son or, avant de soupçonner la victime.
Ses certitudes auraient été renforcées par le témoignage du petit frère du défunt. Celui-ci lui aurait dit avoir vu son frère entrer dans sa maison.
Convaincu d’avoir identifié son voleur, le jeune orpailleur se rend alors chez le jeune homme accompagné d’un individu qu’il présente comme un « étranger ». Il affirme avoir forcé l’entrée de la maison et procédé à une fouille.
Du riz et de l’huile qu’il identifie comme les siens auraient été retrouvés sur place. Son or, en revanche, reste introuvable.
À la sortie de la maison, une bagarre éclate entre l’accompagnateur du jeune orpailleur et la victime. Selon le jeune, chacun tenait un morceau de bois.
Il affirme ne pas avoir pu intervenir, craignant d’être lui-même frappé. D’après sa version, son accompagnateur aurait finalement porté un coup à la tête du jeune homme, qui serait tombé.
Le parquet met en doute les certitudes du prévenu
Le ministère public s’est ensuite intéressé aux éléments qui avaient conduit le jeune orpailleur à considérer la victime comme l’auteur du vol.
Le procureur lui demande notamment si le témoignage du petit frère du défunt suffisait à établir qu’il était réellement un voleur. Le jeune orpailleur répond par l’affirmative.
Le parquet questionne également le jeune orpailleur sur les éléments permettant d’identifier le riz et l’huile retrouvés dans la maison comme étant précisément les siens.
Pour le ministère public, ces éléments fragilisent les certitudes du prévenu. Le parquet estime surtout que la violence ne peut servir à régler un différend ou un simple soupçon de vol.
Il requiert sept ans d’emprisonnement, dont cinq ans ferme, ainsi qu’une amende d’un million de FCFA, dont 500 000 FCFA ferme.
La défense demande, pour sa part, la relaxe. L’avocat rappelle le principe de la responsabilité pénale individuelle et soutient que son client ne peut être condamné pour les actes d’un autre homme.
Le tribunal a finalement mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu le lundi 12 octobre 2026 à 8 heures.
Cette affaire pose une question essentielle : comment un simple soupçon de vol a-t-il pu conduire à une confrontation aux conséquences mortelles ? Le sort judiciaire du jeune orpailleur dépend désormais de l’appréciation du tribunal.
AMINA KABO DJARAMAH
Source/Justice Infos Burkina