Ndjamena: un gendarme poignardé
À Ndjamena, la scène aurait pu sembler irréelle si elle n’était pas tragiquement vraie. Le dimanche 4 janvier 2026, dans le quartier Angabbo, une célébration de mariage dégénère en affrontement mortel. Des tirs d’armes à feu, en violation flagrante de la loi, retentissent. La gendarmerie intervient. Le Commandant de Brigade Ahmat Houmma Zezerti y laissera la vie, poignardé en pleine mission.
Mourir pour avoir fait son travail
Le jeune gendarme n’était ni en opération spéciale ni en zone de guerre. À Ndjamena, il effectuait une intervention de routine. Rappeler la loi. Protéger les riverains. Prévenir le pire. Il a trouvé la mort sans secours, voilà le sort réservé aujourd’hui à ceux qui incarnent l’autorité de l’État.
Lire aussi: CAN 2025 : de la fierté nationale aux mots qui blessent
Ce drame pose une question centrale : comment des civils peuvent-ils détenir, utiliser et retourner des armes contre les forces de sécurité à Ndjamena sans craindre l’État ? Le problème n’est pas seulement l’acte criminel, mais l’environnement qui le rend possible. La prolifération des armes, l’impunité banalisée et la faiblesse de la réponse judiciaire ont créé un terrain où la violence prospère.
Refonder l’autorité ou accepter le chaos
Ce n’est pas un fait divers. C’est un signal d’alarme. À Ndjamena, l’État doit choisir : réaffirmer fermement son autorité, désarmer les mains illégales, punir sans complaisance les coupables, ou accepter que la violence devienne la norme. Quand les forces de sécurité ne sont plus en sécurité, c’est la République elle-même qui vacille.
Martin HIGDE NDOUBA