N’Djamena : quand animaux et engins motorisés se disputent la chaussée
À N’Djamena, il n’est plus rare de voir des animaux circuler au milieu des motos, des voitures et des tricycles. Sur plusieurs axes de la capitale, ânes, bœufs et chèvres traversent ou longent les routes, parfois accompagnés de charrettes chargées de marchandises. Une scène qui surprend certains visiteurs mais qui devient progressivement familière pour les habitants.
Pourtant, cette pratique est officiellement interdite par les autorités communales. Malgré ces mesures, la réalité du terrain montre que la présence des animaux sur les voies publiques reste fréquente. À N’Djamena, cette cohabitation improvisée complique la circulation et augmente les risques d’accidents, notamment aux heures de pointe où la densité des engins motorisés est déjà importante.
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La charrette, un moyen de transport persistant
Dans plusieurs quartiers périphériques de N’Djamena, la charrette tirée par un cheval demeure un moyen de déplacement accessible pour certaines populations. Elle permet de transporter des produits du bois, du sable, des briques cuites ou encore des marchandises vers les marchés de la ville.

Pour les habitants des zones reculées, ce mode de transport reste souvent le plus économique. À N’Djamena, le coût du carburant et l’achat d’une moto ou d’un véhicule demeurent hors de portée pour de nombreuses familles. La charrette devient alors une solution pratique pour rejoindre le centre-ville.
Entre nécessité sociale et sécurité routière
Cette présence d’animaux sur les routes pose cependant un véritable défi pour la sécurité routière. À N’Djamena, certains conducteurs se plaignent de freinages brusques ou de manœuvres dangereuses pour éviter un animal surgissant sur la chaussée.
Il est important d’encadrer cette pratique. La création d’espaces dédiés ou de règles plus strictes pourrait limiter les dangers tout en tenant compte des réalités sociales.
Car à N’Djamena, la modernisation de la ville se heurte encore aux modes de vie traditionnels. Tant que des alternatives accessibles ne seront pas proposées, la capitale continuera d’assister à cette étrange cohabitation où animaux et engins motorisés partagent, bon gré mal gré, la même route.
Martin HIGDE NDOUBA