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N’Djamena: À force de taxer, les marchés tirent le rideau

À N’Djamena, la fermeture successive de plusieurs espaces commerciaux traduit un profond malaise économique. Derrière la contestation des commerçants face à la hausse des taxes communales, c’est toute la question du pouvoir d’achat et de la protection des ménages qui se pose. Une alerte que les autorités ne peuvent plus ignorer.

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Colère qui dépasse les étals

Depuis plusieurs jours, les marchés de la capitale tchadienne sont le théâtre d’un mouvement de protestation inédit. Après le marché à mil, les commerçants de Dembé ont eux aussi baissé les rideaux pour dénoncer une augmentation des taxes municipales qu’ils jugent insoutenable.

À première vue, il pourrait s’agir d’un simple bras de fer entre les autorités locales et les vendeurs. Pourtant, la réalité est plus complexe. Ces fermetures mettent en lumière les difficultés grandissantes d’un secteur qui fait vivre des milliers de familles et constitue l’un des principaux moteurs de l’économie informelle.

Dans les marchés, chaque nouvelle charge financière finit inévitablement par être répercutée sur les prix des produits de première nécessité. Riz, mil, légumes, huile ou sucre deviennent alors plus coûteux pour des ménages déjà confrontés à une inflation persistante.

Panier de la ménagère sous pression

Le véritable enjeu dépasse les revendications corporatistes. Ce sont les consommateurs qui, en dernière instance, supportent le poids de ces décisions fiscales. Lorsque les coûts d’exploitation augmentent, les commerçants n’ont souvent d’autre choix que d’ajuster leurs tarifs.

Ainsi, les marchés ne sont pas seulement des lieux d’échanges économiques ; ils sont aussi le reflet de la santé sociale du pays. Quand les étals ferment ou que les prix flambent, c’est tout l’équilibre des foyers qui vacille.

Pour de nombreuses familles, le panier de la ménagère se réduit progressivement. Les dépenses alimentaires absorbent une part toujours plus importante des revenus, laissant peu de marge pour l’éducation, la santé ou le logement.

Signal que les autorités doivent entendre

La contestation actuelle constitue un avertissement. Les marchés représentent le poumon économique de N’Djamena et leur paralysie fragilise autant les petits vendeurs que les consommateurs. Une politique fiscale, aussi légitime soit-elle, ne peut produire ses effets que si elle tient compte des réalités du terrain.

Il appartient désormais aux pouvoirs publics d’ouvrir un dialogue avec les acteurs concernés afin de trouver un équilibre entre les besoins de financement des collectivités et la préservation du pouvoir d’achat.

Lorsque les marchés s’arrêtent, c’est toute une ville qui retient son souffle. Et lorsque les marchés lancent un cri d’alarme, il appartient aux décideurs de l’entendre avant que le malaise économique ne se transforme en crise sociale.

Martin HIGDE NDOUBA

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