MPS : Trois décennies et demie , que retient le peuple tchadien ?
Le 11 mars 2026 marque un anniversaire politique lourd de sens pour le Tchad. Il y a trente-six ans, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS) accédait au pouvoir avec la promesse de redresser un pays fragilisé par les crises politiques et militaires. Trente-six ans plus tard, cette date ne devrait pas être seulement un moment de commémoration. Elle impose une question essentielle : qu’a réellement changé le MPS dans la vie des Tchadiens ?
Trente-six ans de pouvoir, un bilan inévitable
Dans l’histoire politique d’un pays, trois décennies et demie représentent plus qu’un simple cycle politique : c’est une génération entière. Pendant ces 36 ans, le MPS a façonné l’État, dirigé les institutions et orienté les grandes politiques publiques.
Certes, des réalisations existent. Des routes ont été construites, certaines infrastructures administratives ont vu le jour et les grandes villes ont connu une expansion visible. Dans un contexte régional marqué par l’instabilité, les dirigeants du MPS mettent également en avant la stabilité du pays comme un acquis majeur.
Mais la stabilité, à elle seule, ne suffit pas à nourrir une nation ni à construire un avenir durable.
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Le quotidien des Tchadiens comme baromètre
Le véritable test d’un pouvoir ne se mesure pas dans les discours officiels, mais dans la vie quotidienne de ses citoyens. Sur ce terrain, les interrogations sont nombreuses. L’accès à l’eau potable reste une difficulté pour des milliers de familles. Les structures de santé peinent à répondre aux besoins essentiels. L’école publique, pourtant pilier du développement, fait face à des défis structurels persistants.
Dans ce contexte, beaucoup de Tchadiens se demandent ce que ces 36 ans du MPS ont réellement changé dans leurs conditions de vie.
Une jeunesse en quête d’avenir
La question la plus urgente concerne la jeunesse. Majoritaire dans la population, elle représente à la fois l’espoir et le défi du pays. Pourtant, les perspectives d’emploi restent limitées et les opportunités économiques demeurent rares.
Pour cette génération, les 36 ans du MPS devraient se traduire par des résultats tangibles : des emplois, des infrastructures modernes, un accès élargi à Internet, des espaces de loisirs et des perspectives d’avenir.
L’heure d’un nouveau contrat national
Trente-six ans après l’arrivée au pouvoir du MPS, le temps du bilan ne doit pas être perçu comme une attaque, mais comme un exercice démocratique indispensable. Un pays ne progresse que lorsqu’il accepte de regarder son parcours avec lucidité.
Ce 11 mars 2026 doit donc être plus qu’un anniversaire politique. Il doit devenir un moment de vérité nationale. Car après 36 ans de gouvernance du MPS, la question qui traverse désormais l’esprit de nombreux citoyens est simple : le Tchad avance-t-il réellement à la hauteur de ses promesses ?
Martin HIGDE NDOUBA