Moussa Nguebmbaye : libre aujourd’hui, sous pression demain ?
L’audition du directeur de publication de Nouvelles.TD, suivie de sa remise en liberté, ne saurait masquer une réalité plus préoccupante : la pression persistante sur le journalisme de dénonciation au Tchad.
Une liberté encadrée par la peur
Lundi 5 janvier 2026, Moussa Nguebmbaye a quitté librement le Commissariat central N°2 après plusieurs heures d’audition. Une liberté saluée par les professionnels des médias, mais qui demeure fragile. Car derrière cette issue sans interpellation se cache une plainte pour diffamation déposée par une institution publique, révélatrice d’un réflexe de défense autoritaire face à la critique.
L’affaire rappelle une réalité bien connue : au Tchad, la dénonciation journalistique est trop souvent assimilée à une attaque personnelle contre l’État.
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Pourtant, les faits reprochés à Moussa Nguebmbaye relèvent d’un travail d’information sur des pratiques dénoncées par des citoyens, notamment des amendes jugées arbitraires. Informer, alerter, questionner : ces missions fondamentales du journalisme deviennent ici des motifs de poursuite.
Des soutiens, mais une justice sous observation
La présence du collectif d’avocats de l’AMET, du président de l’UJT et du vice-président de l’AMET aux côtés de Moussa Nguebmbaye a permis d’éviter un dérapage procédural. Mais le fait que le commissaire du CSP 17 ait également été auditionné montre que le dossier reste ouvert, suspendu à une enquête dont l’issue est encore incertaine.
Au-delà du cas individuel, l’affaire Moussa Nguebmbaye met en lumière les difficultés persistantes liées à la liberté de dénoncer au Tchad. Pour de nombreux observateurs, l’analyse journalistique demeure un outil essentiel de régulation démocratique, un miroir tendu aux autorités pour améliorer les pratiques administratives et sécuritaires, plutôt qu’un acte à criminaliser.
Martin HIGDE NDOUBA