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Macron en fin de mandat : Mahamat Idriss Déby Itno, la dernière accolade

À l’Élysée, le 13 octobre 2026, Emmanuel Macron et Mahamat Idriss Déby Itno affichent leur volonté de relancer une coopération bilatérale fragilisée par les tensions passées. Derrière les accolades et les accords économiques et militaires, une question politique demeure : le président français peut-il encore offrir une garantie de survie politique à son homologue tchadien, alors que son propre mandat approche de son terme ?

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À l’Élysée, les retrouvailles derrière le protocole

La scène est soigneusement orchestrée. Garde d’honneur, poignée de main chaleureuse et entretien au sommet : ce mardi 13 octobre, Emmanuel Macron reçoit Mahamat Idriss Déby Itno dans une atmosphère destinée à symboliser le réchauffement des relations franco-tchadiennes. Les deux dirigeants veulent tourner la page des incompréhensions et donner un nouvel élan à leur partenariat.

Depuis janvier, les initiatives se multiplient. Des protocoles d’accord ont été signés en mai dans les secteurs des infrastructures, de l’industrie et de la santé. En septembre, le Forum d’affaires Tchad-France a réuni des acteurs économiques autour des investissements et de l’industrialisation. Cette nouvelle rencontre vient consolider cette dynamique.

Mais derrière les sourires diplomatiques, la politique n’est jamais loin. La relance de la coopération franco-tchadienne signifie-t-elle aussi un renouvellement du soutien politique français au pouvoir de N’Djaména ?

La France peut-elle encore protéger son allié ?

Pendant des décennies, Paris a entretenu une relation stratégique avec les dirigeants tchadiens. Sous la présidence d’Emmanuel Macron, la France a notamment été critiquée pour son attitude face à la succession dynastique ouverte après la mort d’Idriss Déby Itno en avril 2021. Le soutien apporté à la transition dirigée par son fils a alimenté les accusations de deux poids, deux mesures en matière de démocratie.

Depuis, les relations ont connu des turbulences, jusqu’au retrait des forces françaises du Tchad en 2024. Cette rupture militaire a marqué un tournant, sans pour autant effacer les intérêts diplomatiques, économiques et sécuritaires qui lient les deux pays.

Aujourd’hui, Mahamat Idriss Déby Itno peut-il compter sur Emmanuel Macron pour consolider sa position ? La question mérite d’être posée, mais une distinction s’impose : un partenariat diplomatique ne constitue pas une garantie de maintien au pouvoir. Le président français peut faciliter les échanges, soutenir des initiatives de coopération et défendre des intérêts communs. Il ne peut toutefois décider seul de l’avenir politique du Tchad.

Des accords militaires, mais quelles contreparties ?

La rencontre du 13 octobre a également débouché sur la signature d’une déclaration d’intention visant à renforcer les capacités industrielles de défense du Tchad. Le document a été signé par le général Issaka Malloua Djamouss, ministre tchadien des Armées, et Catherine Vautrin, ministre française des Armées et des Anciens Combattants.

Cette coopération intervient dans un environnement régional instable, marqué par la guerre au Soudan, les tensions en Libye et l’insécurité persistante au Sahel. Pour Paris comme pour N’Djaména, les enjeux dépassent les relations bilatérales.

Cependant, ces engagements soulèvent une interrogation essentielle : quels bénéfices concrets les populations tchadiennes tireront-elles de ce rapprochement ? Les investissements annoncés peuvent-ils améliorer les conditions de vie, soutenir l’emploi et renforcer les services publics ? Ou resteront-ils principalement concentrés sur les intérêts stratégiques des deux États ?

Le dernier mot appartient aux tchadiens

Emmanuel Macron approche de la fin de son second mandat, qui s’achève en 2027. Son horizon politique est donc limité. Les accords conclus aujourd’hui peuvent engager les administrations et les partenaires, mais leur mise en œuvre dépendra aussi des orientations du prochain pouvoir français.

Pour Mahamat Idriss Déby Itno, l’enjeu consiste à transformer cette relance diplomatique en résultats tangibles, plutôt qu’à rechercher une assurance politique extérieure.

Car aucune accolade à l’Élysée ne peut remplacer la confiance des citoyens, la qualité des institutions et la légitimité politique. Emmanuel Macron peut offrir des accords, des partenariats et des garanties de coopération. Peut-il offrir l’avenir politique du Tchad ? Rien ne permet de l’affirmer.

Au-delà des déclarations sur une histoire et un destin communs, la véritable épreuve sera celle des résultats. Et, en dernier ressort, l’avenir du Tchad ne se décidera pas uniquement dans les salons de l’Élysée, mais aussi dans les urnes, les institutions et la vie quotidienne des tchadiens.

Martin HIGDE NDOUBA

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