Loi de finances 2026 : les nouvelles mesures fiscales expliquées aux entreprises de Ouagadougou
La Maison de l’Entreprise du Burkina Faso a organisé, le 12 février 2026 à Ouagadougou, une rencontre d’information sur les innovations et modifications fiscales contenues dans la Loi de finances 2026. Cette session, tenue en collaboration avec le Centre d’information juridique des affaires (CIJA) et l’Association professionnelle des experts et conseils fiscaux (APECF), visait à mettre les chefs d’entreprises au même niveau d’information sur les nouvelles dispositions entrées en vigueur depuis le 1er janvier 2026.
28 nouvelles mesures fiscales introduites
Selon le communicateur Lassina Traoré, la Loi de finances 2026 s’inscrit dans une dynamique de souveraineté budgétaire, d’élargissement de l’assiette fiscale, de lutte contre la fraude et de modernisation du cadre légal.
Elle introduit 28 nouvelles mesures fiscales, réparties en quatre catégories : mesures d’élargissement de l’assiette fiscale ; mesures d’amélioration du rendement de l’impôt ; mesures d’ajustement technique ; mesures de faveur fiscale.
De nouvelles taxes instituées parmi les innovations majeures figurent : une taxe spécifique de 40 % sur l’importation des armes et munitions, à l’exception des équipements destinés aux forces de défense et de sécurité ; la création de la Contribution pour la recherche et l’innovation (CoRI), destinée à financer durablement la recherche scientifique et le développement technologique.
La CoRI s’applique notamment aux articles céramiques, savons, produits chimiques, mèches, ainsi qu’à la vente de véhicules et accessoires (tarif forfaitaire de 15 000 FCFA pour les voitures). Les intrants, biens d’équipement et médicaments sont exonérés.
Autre mesure importante : le taux de la retenue à la source de la TVA passe de 20 % à 30 %, avec un élargissement de son champ d’application à toutes les entreprises relevant de la Direction des grandes entreprises.
Des mesures d’allègement pour les secteurs stratégiques
La Loi de finances 2026 prévoit également sept mesures d’allègement fiscal au profit de secteurs stratégiques. Parmi elles : exonération de la patente proportionnelle pour les livraisons de produits pétroliers et dérivés ; extension de l’exonération de TVA à certains produits comme le bétail, le karité, le cajou et les œufs à couver ; création d’un régime spécial d’exonération pour les projets d’investissements stratégiques.
Il est également prévu que la part de la taxe sur les produits de bétail reversée au budget de l’État passe de 20 % à 30 %, tandis que celle du conseil sylvopastoral passe de 80 % à 70 %. Par ailleurs, les délais de remboursement du crédit de TVA sont réduits de 2 ans à 6 mois.
A lire aussi : UEMOA : le plan à 208 milliards FCFA pour transformer l’emploi des jeunes
Une rencontre jugée nécessaire
Pour le directeur général de la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso, Souleymane Ouédraogo, cette rencontre a permis de sensibiliser les entreprises sur leurs obligations fiscales et les nouvelles dispositions en vigueur.
Selon lui, la maîtrise de la loi de finances permet aux entreprises de gérer leurs activités en toute transparence, d’éviter d’éventuels redressements fiscaux et de contribuer efficacement au développement économique et social du Burkina Faso. Une session similaire est prévue à Bobo-Dioulasso le 16 février 2026.
Yiwènè Angelina MPO (Stagiaire)