L’hôpital de la Renaissance à l’épreuve de la crédibilité
L’évacuation du ministre de la Fonction publique vers l’Égypte, après une luxation du col de fémur qui, au-delà d’une apparente urgence est un miroir qui dévoile des vérités que l’on préfère taire. Car derrière ce transfert sanitaire se cache une question centrale, presque dérangeante : l’hôpital de la Renaissance est-il réellement à la hauteur de la mission qu’on lui attribue ?
L’hôpital de la Renaissance face à ses limites
Présenté comme un fleuron du système sanitaire national, l’hôpital de la Renaissance se veut une référence en matière de soins modernes. Mais lorsqu’un cas pourtant courant en traumatologie conduit à une évacuation sanitaire, le doute s’installe. Une luxation du col de fémur justifie-t-elle, à elle seule, un transfert à l’étranger quand les équipements et les spécialistes sont censés être disponibles sur place ?
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L’hôpital de la Renaissance
La décision instruite par le Premier ministre, Allah Maye Halina, relance un vieux débat : doit-on continuer à évacuer systématiquement les personnalités de l’État pour des soins que l’hôpital de la Renaissance est théoriquement en mesure d’assurer ? Cette pratique, devenue presque automatique, fragilise la crédibilité des structures sanitaires nationales et entretient une médecine à deux vitesses.
Plus grave encore, cette évacuation pose la question du citoyen lambda. Celui qui n’a ni fonction, ni carnet d’adresses, ni possibilité de quitter le pays. Si l’hôpital de la Renaissance ne suffit pas pour un ministre, quel sort réserve-t-on à l’enseignant, au commerçant, au paysan victime du même traumatisme ? Le silence autour de cette injustice sanitaire est assourdissant.
Il est temps d’avoir le courage politique de regarder la réalité en face. Soit l’hôpital de la Renaissance dispose réellement des compétences nécessaires, et alors il faut lui faire confiance, même pour les dirigeants. Soit il ne les a pas, et dans ce cas, le peuple mérite la vérité. Car continuer à masquer les failles du système par des évacuations sanitaires est non seulement coûteux, mais profondément injuste.
Martin HIGDE NDOUBA