Justice : l’avocature burkinabè célèbre 50 ans d’engagement
Le Burkina Faso a célébré, le jeudi 29 janvier 2026, le cinquantenaire de l’avocature nationale à l’occasion de la rentrée solennelle des avocats. La cérémonie a réuni de hautes autorités nationales ainsi que des délégations venues de plusieurs pays d’Afrique et d’Europe, témoignant du rayonnement international du Barreau burkinabè.
Cette célébration, marquée par diverses activités depuis le 26 janvier, a permis de rappeler le rôle central des avocats dans la défense des libertés, la protection des droits fondamentaux et la consolidation de l’État de droit.
Des prestations de serment de nouveaux avocats, des colloques internationaux, des consultations juridiques gratuites, des activités sportives et des échanges avec les étudiants ont animé cette semaine anniversaire. Le président du comité d’organisation, Me Benewendé Stanislas Sankara, a salué la mobilisation exceptionnelle des jeunes avocats, des commissions et des partenaires, rappelant que cette implication contribue à la vitalité et à la crédibilité de la profession.
Le rôle moral et social de l’avocat
Le Bâtonnier, Me Batibié Benao, a insisté sur la dimension morale de la profession. Selon lui, l’avocat n’est pas simplement un plaideur ; il est le gardien des libertés, sentinelle des droits fondamentaux et acteur central de la justice. Il a évoqué des cas concrets, comme ceux de Guy Hervé Kam et Arno Sampébré, soulignant la nécessité de garantir l’accès au juge et de protéger le secret professionnel, tout en rappelant que la justice ne doit pas être un privilège réservé à certains.
« L’accès à l’avocat ne doit pas être perçu comme un obstacle à la justice. Bien au contraire, il est la garantie d’une bonne justice », a insisté Me Batibié Benao. Ces plaidoyers reflètent la responsabilité historique des avocats dans la protection des citoyens et dans la défense de l’équité, même dans des contextes sensibles.

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Engagement des autorités pour une justice équitable
Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a pris la parole pour rassurer le Barreau sur la volonté du gouvernement de moderniser le système judiciaire et de garantir une justice accessible à tous. « Nous ne voulons pas qu’il y ait justice simplement pour des privilégiés, il faut qu’il y ait une justice pour tous. Et que le paysan de Gongonbili jusqu’à l’avocat, en passant par tous les citoyens, y ait accès », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a rappelé que le droit doit demeurer un levier de développement et non un instrument de dépendance. Sa déclaration souligne l’engagement du Burkina Faso à renforcer la crédibilité, l’équité et l’accessibilité de la justice, en s’appuyant sur le rôle central des avocats. Cette célébration illustre ainsi la vitalité de l’avocature burkinabè et la responsabilité collective dans la défense des libertés et de l’État de droit.
Au-delà de la commémoration, ces 50 ans de l’avocature burkinabè constituent un moment de réflexion sur l’avenir de la justice au Burkina Faso. Face aux défis sécuritaires, sociaux et institutionnels, les avocats sont appelés à jouer un rôle encore plus déterminant dans la protection des droits humains et le renforcement de la confiance des citoyens envers la justice. Cette célébration apparaît ainsi comme un appel collectif à consolider une justice indépendante, crédible et équitable, au service de tous les Burkinabè, sans distinction.

Yiwènè Angelina MPO (Stagiaire)