Filière poisson : Nando déclenche une offensive historique
Le Burkina Faso veut produire ce qu’il consomme. C’est l’ambition affichée derrière l’offensive halieutique, une composante clé de la politique agro-pastorale 2023-2025. Pour soutenir cette dynamique, la première Foire internationale du poisson de Nando ouvrira ses portes du 4 au 7 décembre 2025 à Koudougou, dans la région du Nando.
Initiée par l’Union régionale des sociétés coopératives de production de poisson du Nando (URPPN), cette foire vise à promouvoir la production locale et renforcer la filière halieutique.
« Le Burkina Faso consomme près de 200 000 tonnes de poisson par an, mais 90% viennent de l’importation », rappelle Tégawendé Toussaint Ouédraogo, président du comité d’organisation. La production locale plafonne à seulement 22 tonnes. La volonté est désormais d’inverser cette tendance.

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L’offensive halieutique entend mettre en route un véritable mouvement pour atteindre la souveraineté alimentaire. L’objectif est ambitieux : produire 100 000 tonnes de poisson d’ici fin 2025, dont 4 500 tonnes rien que dans la région du Nando. « Nous voulons tripler cette production d’ici 2027 », assure M. Ouédraogo.
L’État accompagne fortement ce projet avec des mesures concrètes : la mise à disposition gratuite de parcelles sur les retenues d’eau, des subventions sur l’aliment de poisson et les alevins, ainsi qu’une assistance technique permanente. Le président du comité plaide néanmoins pour l’acquisition de meilleures souches et l’équipement des producteurs. « L’aliment représente 70% du coût d’investissement en pisciculture. Si ces conditions sont réunies, la souveraineté sera atteinte avant 2030 », affirme-t-il.
Filière poisson : réduire la sortie de devises
La foire s’adresse à tous les acteurs de la filière et est ouverte au grand public. Pendant quatre jours, exposants, producteurs, transformateurs et commerçants se retrouveront à la Place de la Nation de Koudougou. Le programme comprend également des panels, des formations dédiées aux combattants blessés et aux veuves, des séances d’échange d’expérience ainsi qu’un cross populaire et des séances d’aérobic pour lancer l’événement.

Les retombées attendues sont importantes. Au-delà de l’enjeu alimentaire, le développement de la filière poisson permettra de réduire la sortie de devises liée aux importations, de créer des emplois et d’offrir aux Burkinabè une alimentation plus saine et fraîche. « D’ici 2030, nous pourrions même exporter du poisson », envisage sereinement Toussaint Ouédraogo.
Pour cette première édition, l’URPPN travaille principalement avec ses membres ainsi qu’avec des partenaires comme la Direction générale des ressources halieutiques (DGRH) et la Direction régionale de l’agriculture, des ressources animales et halieutiques du Nando (DRARAH-Nando). Ces institutions ont apporté leur soutien logistique et matériel, notamment pour le transport des produits exposés.
Avec cette foire, le Burkina Faso pose une pierre essentielle à la construction de sa souveraineté alimentaire dans la filière poisson.
Flora BARO