Facture électronique certifiée : la DGI lance une révolution fiscale
La Facture électronique certifiée est en première ligne de la réforme fiscale burkinabè. La Direction générale des impôts (DGI) a tenu sa 11ᵉ rentrée fiscale, le mardi 3 décembre 2026 à Ouagadougou, autour du thème : « Pour la construction de la Nation, adoptons la Facture électronique certifiée ».
Dans un contexte national marqué par de nombreux défis économiques et sécuritaires, l’administration fiscale entend renforcer sa contribution à la souveraineté financière du Burkina Faso. En 2025, la DGI a mobilisé 1 790,38 milliards FCFA de recettes, soit une progression de 20,8 % par rapport à 2024.
Sur ce montant, 1 578,8 milliards FCFA ont été affectés au budget de l’État, représentant un taux de mobilisation de 100,25 %. Les collectivités territoriales ont bénéficié de 51,10 milliards FCFA, tandis que le Fonds de soutien patriotique a reçu 132,87 milliards FCFA. D’autres fonds sectoriels, notamment ceux dédiés au sport, à la culture et à la presse privée, ont également été appuyés.
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Des performances soutenues par la lutte contre la fraude
Ces résultats sont le fruit d’actions vigoureuses de recouvrement et de contrôle. Au cours de l’année, plus de 88 000 relances ont été adressées aux contribuables défaillants, des milliers d’avis de mise en demeure émis et près de 10 000 contribuables géo-localisés.
Les enquêtes et contrôles fiscaux ont permis le reclassement de centaines d’opérateurs économiques dans des catégories supérieures, ainsi que le recouvrement de plus de 83 milliards FCFA.
Pour la directrice générale des impôts, Eliane Djiguemdé, ces performances tiennent également à l’engagement civique des contribuables. Elle a salué leur sens élevé de responsabilité et leur rôle déterminant dans la mobilisation des ressources internes.
En 2026, la DGI ambitionne de collecter 1 665,18 milliards FCFA pour le budget de l’État, tout en poursuivant la modernisation de ses procédures grâce à l’introduction de la Facture électronique certifiée.
Une réforme stratégique pour la souveraineté financière
Lors de cette rencontre avec la presse, les responsables fiscaux ont présenté les nouvelles dispositions issues de la loi de finances 2026, ainsi que le dispositif de la Facture électronique certifiée, applicable dès le 1ᵉʳ juillet 2026.
Selon Mme Djiguemdé, la rentrée fiscale se tient dans un contexte d’attentes sociales fortes et d’exigences accrues en matière de mobilisation des ressources, dans la perspective de bâtir une Nation souveraine, solidaire et tournée vers la modernité.
Elle a insisté sur le caractère stratégique et patriotique de la réforme portée par la Facture électronique certifiée, qu’elle considère comme un levier majeur pour une économie plus organisée et équitable.
La directrice générale a lancé un appel aux entreprises pour une appropriation rapide du système, aux citoyens pour réclamer systématiquement des factures conformes, ainsi qu’aux partenaires techniques et aux agents de la DGI pour une mise en œuvre rigoureuse et intègre.
Pour elle, le succès de la Facture électronique certifiée dépendra de l’implication de toutes les parties prenantes, afin de renforcer la transparence, lutter contre la fraude et consolider durablement les finances publiques.
Pingd-Manegda Laure Christianne (stagiaire)