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D’où proviennent ces 3 430  armes saisies à l’Est du Tchad ?

Trois mois d’opération, quatre provinces ciblées et 3 430 armes récupérées. Dans l’Ouaddaï, le Wadi Fira, le Sila et l’Ennedi-Est, les autorités veulent reprendre le contrôle d’un phénomène qui dépasse largement une simple campagne de désarmement. Car derrière les armes saisies se pose une question embarrassante : comment un tel arsenal a-t-il pu se retrouver en circulation ?

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Un chiffre qui interpelle

3 430 armes. Le bilan communiqué au terme de trois mois d’opérations de désarmement dans l’Est du Tchad donne la mesure du travail accompli, mais surtout de l’ampleur du problème. À ces armes s’ajoutent d’importantes quantités de munitions.

Dans une région où les tensions communautaires, les conflits autour des ressources et la porosité des frontières alimentent régulièrement l’insécurité, la présence d’armes de guerre constitue un risque évident. Leur récupération peut contribuer à réduire la capacité de nuisance de groupes ou d’individus armés. Mais un bilan de saisies ne saurait constituer une réponse complète. Il faut désormais remonter la chaîne.

D’où viennent ces armes ?

C’est probablement la question la plus sensible. Une arme de guerre ne tombe pas du ciel. Elle a une origine, un propriétaire, un parcours et, dans certains cas, une autorisation.

Qui a autorisé leur détention ? Combien étaient légalement enregistrées ? Combien ne l’étaient pas ? Comment ont-elles été acquises ? Ont-elles été importées, revendues, transférées ou conservées après d’anciens conflits ?

Sans réponses précises, le désarmement risque de rester une opération de récupération plutôt qu’une politique durable de contrôle des armes.

La question est d’autant plus importante que les 3 430 armes saisies ne représentent pas nécessairement l’intégralité des armes en circulation dans ces quatre provinces. Elles constituent seulement celles qui ont été récupérées au cours de cette campagne.

Désarmer sans laisser le robinet ouvert

Le véritable défi commence donc après les saisies. Il consiste à empêcher que de nouvelles armes remplacent celles qui viennent d’être retirées.

Cela suppose une traçabilité plus rigoureuse, un contrôle des frontières, une coopération entre les services de sécurité et une connaissance précise des détenteurs légalement autorisés. Il faut également établir clairement les responsabilités lorsque des armes censées être contrôlées échappent aux circuits officiels. Car récupérer 3 430 armes est une chose et comprendre comment elles ont circulé en est une autre.

Le vrai bilan reste à établir

L’opération constitue un signal sécuritaire important pour l’Est du pays. Mais son efficacité se mesurera dans la durée. Si les armes continuent d’entrer dans les mêmes circuits, les saisies d’aujourd’hui pourraient devenir le bilan provisoire d’un problème qui se renouvelle.

Les autorités ont désormais entre leurs mains un volume considérable d’armes et de munitions saisies. Leur identification et leur traçabilité pourraient fournir des informations précieuses sur les réseaux d’approvisionnement.

Derrière les armes récupérées, il y a donc une histoire à raconter, celles qui sont encore en circulation, une autre à prévenir. Le désarmement ne devrait pas seulement retirer les armes des mains de leurs détenteurs. Il devrait aussi permettre de comprendre pourquoi ces armes étaient là, qui les a fournies et par quels chemins elles sont arrivées. Car la question centrale demeure : qui a laissé l’Est du Tchad s’armer à ce point ?

Martin HIGDE NDOUBA

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