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Combien coûte réellement la vie d’une famille à N’Djamena ?

Le coût de la vie pèse de plus en plus lourd sur les ménages dans la capitale tchadienne. Entre alimentation, logement, transport, électricité, eau et scolarité des enfants, une famille aux revenus modestes doit multiplier les arbitrages pour boucler le mois. Derrière les chiffres se cache une réalité : celle d’un quotidien où chaque dépense compte.

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Le panier qui se vide plus vite

Au marché, les habitudes changent. La viande devient occasionnelle, certains produits sont achetés en petites quantités et les ménages comparent davantage les prix avant de faire leurs courses. Pour une famille nombreuse, l’alimentation constitue souvent le premier poste de dépenses.

Riz, céréales, huile, sucre, légumes, condiments et eau représentent une charge quotidienne difficile à réduire. Lorsque les revenus stagnent tandis que les prix augmentent, le budget familial devient un exercice permanent de calcul.

« Avant, je pouvais faire mes provisions pour plusieurs jours. Aujourd’hui, j’achète selon l’argent disponible », témoigne Delaye Georgette, habitant au quartier Chagoua dans la commune du 7e arrondissement. Une phrase qui résume le quotidien de nombreux ménages.

Logement, transport : la facture invisible

À l’alimentation s’ajoutent le loyer et les déplacements. Dans une capitale où les distances entre domicile et lieu de travail peuvent être importantes, le transport absorbe une part non négligeable du revenu.

Pour une famille, chaque trajet supplémentaire représente une dépense. Les travailleurs doivent parfois choisir entre proximité du lieu de travail et prix du logement. Les quartiers moins chers sont souvent plus éloignés des principaux centres d’activité.

L’électricité et l’eau constituent un autre casse-tête. Lorsque l’approvisionnement est irrégulier, certains ménages doivent recourir à des solutions alternatives, elles aussi payantes. Le budget qui semblait suffisant au début du mois se retrouve rapidement sous pression.

Les enfants, une dépense incontournable

La scolarité représente également une charge importante. Fournitures, uniformes, transport, frais scolaires et autres dépenses liées à l’éducation s’accumulent, particulièrement à la rentrée.

Pour une famille avec plusieurs enfants scolarisés, cette période peut devenir financièrement éprouvante. Certains parents anticipent en économisant plusieurs semaines à l’avance. D’autres s’endettent ou sollicitent l’aide de proches.

À cela s’ajoutent les dépenses de santé, souvent imprévisibles. Une maladie ou une urgence peut bouleverser l’équilibre financier d’un ménage déjà fragile.

Quand le revenu ne suit plus

Le véritable problème n’est pas seulement le niveau des prix. C’est aussi l’écart entre les revenus et les dépenses. Une famille dont les ressources sont irrégulières est particulièrement vulnérable aux imprévus.

Dans ce contexte, la débrouillardise devient une stratégie de survie : petits commerces, activités secondaires, vente de produits à domicile ou travaux occasionnels permettent de compléter les revenus.

Mais jusqu’où peut-on réduire les dépenses ? Une famille peut repousser certains achats, diminuer la consommation de certains produits ou différer une dépense non urgente. Elle ne peut pas indéfiniment réduire l’alimentation, le logement ou l’éducation des enfants.

À N’Djamena, le coût de la vie n’est donc plus une simple question économique. Il devient une question sociale. Derrière chaque budget mensuel se trouve une famille qui tente de préserver son niveau de vie, de scolariser ses enfants et de faire face aux imprévus. La question mérite désormais d’être posée au-delà des statistiques : combien faut-il réellement gagner pour vivre dignement à N’Djamena ?

Martin HIGDE NDOUBA

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