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Boissons frelatées : N’Djaména face à un risque sanitaire

À N’Djaména, la lutte contre les boissons frelatées ne relève plus seulement du contrôle commercial. La saisie d’un important lot, ce 24 septembre dans le 7ᵉ arrondissement, remet sur la table une question de santé publique : jusqu’où faut-il aller pour protéger une jeunesse particulièrement exposée à des produits dont la composition et les conditions de fabrication restent incertaines ?

Saisie qui révèle un problème plus profond

L’opération menée par les services municipaux du 7ᵉ arrondissement de N’Djaména a permis de mettre la main sur un important lot de boissons frelatées. Cette intervention s’inscrit dans les actions engagées par la police municipale pour lutter contre la commercialisation de produits impropres à la consommation.

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Mais derrière les cartons saisis, c’est une réalité beaucoup plus préoccupante qui apparaît. Dans une ville où les jeunes constituent une grande partie de la population, l’accès facile à des boissons vendues à bas prix peut transformer une simple recherche de plaisir ou de rafraîchissement en véritable risque sanitaire.

Jeunesse particulièrement exposée

Le danger ne réside pas uniquement dans la vente de ces produits. Il tient également à l’incertitude entourant leur origine, leur composition, leur conservation et leur circuit de distribution. Lorsqu’une boisson frelatée arrive entre les mains d’un consommateur, celui-ci ne dispose généralement d’aucun moyen fiable pour vérifier ce qu’il s’apprête à boire.

Pour les jeunes, cette vulnérabilité est accentuée par plusieurs facteurs : recherche de produits moins chers, influence du groupe, méconnaissance des risques et parfois banalisation de certaines consommations. Une boisson frelatée peut ainsi être perçue comme un produit ordinaire alors qu’elle peut présenter des risques importants pour l’organisme.

La question mérite donc de dépasser le simple cadre des saisies ponctuelles. Que deviennent les produits retirés du marché ? Comment identifier les circuits d’approvisionnement ? Les vendeurs sont-ils suffisamment contrôlés ? Et surtout, quelles campagnes d’information sont menées auprès des jeunes ?

Contrôler, saisir, mais surtout prévenir

La saisie des boissons frelatées constitue une action utile, mais elle ne peut être qu’un maillon de la réponse. Pour être durable, la lutte doit associer contrôle des points de vente, traçabilité des produits, sanctions lorsque les infractions sont établies et sensibilisation des consommateurs.

Les établissements scolaires, les associations de jeunesse, les médias et les structures sanitaires ont également un rôle à jouer. La prévention doit expliquer, sans dramatisation, pourquoi certains produits peuvent représenter un danger et comment reconnaître les signes d’un produit douteux.

Santé publique ne peut pas attendre

Chaque saisie de boissons frelatées devrait surtout servir de signal d’alerte. Car lorsque des produits potentiellement dangereux atteignent le marché, ce ne sont pas seulement les commerçants qui sont concernés : c’est toute une chaîne de santé publique qui est mise à l’épreuve.

À N’Djaména, protéger la jeunesse suppose donc de ne pas attendre la multiplication des intoxications pour agir. Le contrôle du 7ᵉ arrondissement rappelle une évidence : derrière une bouteille vendue à quelques centaines de francs peut parfois se cacher un risque que le consommateur ne soupçonne même pas. La prévention, elle, ne doit jamais être frelatée.

Martin HIGDE NDOUBA

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