Djimoudouel Faustin, quand la craie mène à la prison
La première nuit de Djimoudouel Faustin à la maison d’arrêt de Klessoum restera comme une rupture. Le président du Syndicat indépendant des enseignants du Tchad (SIET) est désormais privé de liberté, au terme d’une séquence sociale qui s’est rapidement transformée en affaire judiciaire.
Quand revendiquer devient un délit
Tout part d’un appel à une grève de deux semaines lancé le 5 janvier pour exiger l’application du décret sur le statut particulier des enseignants. Une revendication encadrée par les textes, mais qui s’est heurtée à une réaction brutale. Pour Djimoudouel Faustin, il s’agissait d’un acte syndical classique. Pour les autorités, le geste semble avoir été perçu comme une menace.
Un dossier judiciaire au parfum dissuasif
Usurpation de titre, trouble à l’ordre public, incitation à la révolte, rébellion. La litanie des chefs d’accusation donne l’impression d’un dossier plus politique que juridique.
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Djimoudouel Faustin conteste, évoque la légalité de son syndicat et revendique une action pacifique. Mais l’étiquette est déjà collée, lourde, presque irréversible.
En choisissant la prison plutôt que la concertation, le pouvoir envoie un message clair à l’ensemble du corps enseignant : la contestation a un prix. La craie se transforme en faute, la revendication en provocation. Djimoudouel Faustin devient alors moins un justiciable qu’un symbole, celui d’un avertissement lancé à tous.
Au-delà de l’homme, l’affaire Djimoudouel Faustin interroge sur la vitalité de la démocratie sociale. À force de criminaliser les revendications, l’État prend le risque d’étouffer les canaux de dialogue et d’envenimer les tensions.
À Klessoum, une nuit s’est écoulée. Pour l’école tchadienne et les libertés syndicales, l’attente, elle, se prolonge dangereusement.
Martin HIGDE NDOUBA