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Tchad/Gassi : quand chaque rue devient un bar

Dans ce quartier populaire du 7e arrondissement de N’Djamena, les bars, alimentations et petits snacks se créent au jour le jour. Difficile d’en donner un nombre exact, mais il suffit de faire un tour pour s’en convaincre. À Gassi, chaque rue semble désormais porter l’enseigne d’un nouveau débit de boissons, signe visible d’une activité économique informelle en pleine expansion, interroge sur l’avenir d’une jeunesse en manque d’alternatives.

Quand l’État observe sans vraiment agir

Tchad/Gassi : quand chaque rue devient un barCette réalité n’a pas échappé aux autorités. Lors de la présentation de la loi de finances 2026, le ministre des finances, du budget, de l’économie et du plan, Tahir Hamid Nguilin a lâché une phrase devenue virale : « Sur la route de l’Assemblée, il y a plein de bars ; ça veut dire que ça marche, non ? ». Une sortie qui traduit, sans détour, ce que beaucoup constatent à Gassi : l’essor des bars est aussi celui d’un système qui s’adapte en l’absence de politiques publiques structurantes.

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Mais derrière cette effervescence commerciale se cache un malaise plus profond. À Gassi, comme dans bien d’autres quartiers de N’Djamena, la jeunesse manque cruellement d’alternatives : pas d’espaces verts, peu ou pas de lieux de loisirs, aucune piscine publique. Face à ce vide, les bars et snacks deviennent des espaces de socialisation par défaut, accessibles et omniprésents.

Entre survie économique et risques sanitaires

La prolifération de ces établissements répond aussi à une logique de survie. Monter un bar ou une alimentation reste l’une des rares activités accessibles avec peu de moyens. Mais à Gassi, cette dynamique n’est pas sans conséquences : consommation excessive d’alcool, insécurité nocturne et banalisation de pratiques à risque pour la santé des jeunes.

L’enjeu n’est pas de diaboliser ces activités, souvent sources de revenus pour de nombreuses familles, mais de les encadrer. À Gassi, plus que jamais, la régulation des bars et alimentations s’impose comme une nécessité pour protéger la jeunesse, tout en ouvrant le débat sur l’urgence de créer de véritables espaces de loisirs et de détente.

Martin HIGDE NDOUBA

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