Tchad: Pahimi Padacké Albert choisit la continuité
À l’issue du 6ᵉ congrès ordinaire du RNDT-LE RÉVEIL, tenu du 26 au 27 décembre 2025 au siège national du parti à N’Djamena, Pahimi Padacké Albert a été reconduit à la tête de la formation politique pour un nouveau mandat de cinq ans. Une décision qui s’inscrit dans la logique de la continuité, mais qui soulève de sérieuses interrogations au sein de l’opinion politique nationale.
La continuité face au défi de l’alternance
Dans un contexte où l’alternance est souvent présentée comme un pilier de la démocratie et de la bonne gouvernance, le maintien de Pahimi Padacké Albert à la présidence du parti apparaît comme un choix paradoxal. Pour une formation qui se positionne en opposition à un régime qualifié de dynastique, la reconduction du même leadership peut être perçue comme une contradiction politique majeure.
Le RNDT-LE RÉVEIL, qui se veut porteur d’un discours de rupture et de renouveau, donne à travers cette décision l’image d’un parti peu enclin à se réinventer. En conservant son fauteuil, Pahimi Padacké Albert s’expose aux critiques de ceux qui estiment que la crédibilité d’un combat démocratique commence par l’exemplarité interne.
Pour de nombreux observateurs, ce congrès aurait pu être l’occasion d’un tournant historique, marquant l’ouverture à de nouvelles figures et à de nouvelles idées. En optant pour la continuité, Pahimi Padacké Albert et son parti prennent le risque de fragiliser leur discours contre la concentration du pouvoir et de perdre une partie de leur base militante.
Entre légitimité et attentes populaires
Si la reconduction peut se justifier par l’expérience et le poids politique du président sortant, elle n’efface pas les attentes croissantes d’une population avide de changement. À l’heure où la démocratie tchadienne cherche des repères solides, le choix incarné par Pahimi Padacké Albert reste un pari politique dont les conséquences se mesureront à moyen et long terme.
Martin HIGDE NDOUBA
Mot clé : Pahimi Padacké Albert