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Tchad: la loi de finances 2026 face au test du panier de la ménagère 

Dans un pays qui importe l’essentiel de ce qu’il consomme, imposer 5 % de droits de douane sur les produits du cru relève moins de la stratégie économique que de l’aveuglement social. Mangues, bananes, avocats, pommes ou œufs ne sont pas des produits de luxe, mais des aliments devenus indispensables en milieu urbain. En les ciblant, la loi de finances 2026 frappe directement le quotidien des ménages.

Une mesure en contradiction avec la lutte contre la vie chère

Les autorités promettent à longueur de communiqués une lutte acharnée contre la cherté de la vie. Mais sur les étals des marchés, les décisions budgétaires racontent une autre histoire. En alourdissant les coûts à l’importation, la loi de finances transforme un engagement politique en slogan creux, démenti par la réalité des prix.

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Tchad: la loi de finances 2026 face au test du panier de la ménagère 
À N’Djamena, ces produits restent pour l’instant accessibles, mais surtout à une population au revenu moyen déjà sous tension. La moindre hausse exclut automatiquement des milliers de consommateurs. En ce sens, la loi de finances ne se contente pas d’augmenter les prix : elle redessine l’accès à l’alimentation, au détriment des plus vulnérables.

Le cœur du problème est là. On taxe ce que le pays ne produit pas, faute d’avoir investi sérieusement dans l’agriculture et la chaîne de valeur locale. Cette logique court-termiste fait porter l’effort budgétaire sur le citoyen. À défaut de vision structurelle, la loi de finances devient un instrument de facilité, non de développement.

Un choix budgétaire aux conséquences sociales

Sans révision ni mesures d’accompagnement, cette taxation de 5 % pourrait devenir un symbole de la vie chère institutionnalisée. À force de décisions déconnectées du terrain, la loi de finances risque de cristalliser le mécontentement social, là où elle devrait être un outil de justice économique et de stabilité.

Martin HIGDE NDOUBA 

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