INSEED : former les journalistes pour crédibiliser les données statistiques
À Klessoum, l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED) a ouvert, mardi 25 novembre, un atelier national qui entend combler un manque devenu évident : la faible maîtrise des données statistiques par les professionnels des médias. Placée sous la tutelle du ministère des Finances, du Budget, de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, l’initiative réunit pendant trois jours 90 journalistes, dont plus de la moitié sont venus des provinces.
Dès l’ouverture, le ton a été donné. Représentant le directeur général de l’INSEED, Ibni Youssouf Ali a rappelé que la statistique n’est pas qu’un ensemble de chiffres, mais un « instrument indispensable à toute stratégie de développement ». Il a cependant pointé un paradoxe persistant : alors qu’ils sont en première ligne pour informer le public, les journalistes tchadiens peinent encore à décoder tableaux, courbes et tendances
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Combler un déficit structurel
À travers cet atelier, l’INSEED cherche à instaurer une culture statistique durable dans un pays où le rapport à la donnée reste fragile. Le programme est dense : architecture du Système Statistique National, méthodes de collecte, d’interprétation et de diffusion, pratiques de vérification, sans oublier un module consacré au troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3), prévu pour 2026. Les participants sont appelés à devenir des acteurs clés dans la sensibilisation autour de cet exercice national.
Miser sur les médias pour renforcer la crédibilité
Mais la formation ne se limite pas à la transmission de compétences. L’INSEED ambitionne de créer un réseau de journalistes spécialisés, véritables « ambassadeurs » des données statistiques dans leurs régions. Objectif : améliorer la qualité de l’information, consolider la confiance entre citoyens et institutions, et protéger l’intégrité des chiffres officiels dans un contexte où les fausses données circulent facilement.
Soutenu par la Banque mondiale à travers le projet PHASAOC (Projet d’Harmonisation et d’Amélioration des Statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre), l’atelier se veut fondateur. Pour Ibni Youssouf Ali, c’est un « point de départ » vers un écosystème où producteurs et utilisateurs de données collaborent davantage. Une étape que l’INSEED considère stratégique pour renforcer la crédibilité du système statistique tchadien et permettre au pays de mieux planifier son développement.
HIGDE NDOUBA Martin
