Ibrahim Traoré : “Bientôt, vous entendrez parler d’un albinos noir”
En célébrant le troisième anniversaire de son accession à la présidence, le capitaine Ibrahim Traoré a partagé sa vision sur la défense et la sécurité du Burkina Faso lors d’une interview sur la Radio-télévision du Burkina (RTB). Sa confiance dans la population, qu’il considère comme « la première force nationale », a été affirmée avec fermeté.
Pour le président Traoré, une mentalité nationale forte au sein des forces armées est cruciale. « Nous avons créé l’École supérieure militaire pour former nos propres militaires », a-t-il souligné, insistant sur le danger de dépendre de formations extérieures.
Concernant la lutte contre le terrorisme, le président est clair : « Nous n’irons nulle part et nous allons gagner cette guerre. » Il a assuré que la résilience et la détermination de l’armée sont essentielles pour faire face à une menace en constante évolution. Une énigme a même été lancée : « Bientôt, vous entendrez parler d’un albinos noir. »
À son arrivée au pouvoir, le capitaine Traoré a constaté “une situation catastrophique » au sein des forces. Avec moins de 100 000 cartouches de Kalachnikov et une centaine d’armes, il a dû opérer un retournement. « Chaque année, nous recrutons entre 10 000 et 15 000 hommes. » Cet effort, selon lui, est vital face à l’augmentation des terroristes.
Ibrahim Traoré veut une armée autonome
La stratégie à long terme s’oriente désormais vers la souveraineté industrielle. « Nous allons fabriquer nos propres armes », a-t-il annoncé, soulignant l’importance de créer une industrie de défense nationale.
Sur le plan diplomatique, M. Traoré a justifié le retrait des forces étrangères, qu’il considère comme un obstacle à la paix. Il prône une approche souveraine face à l’ingérence extérieure. « Nous devons nous préparer à l’adversité », a-t-il averti, faisant écho à la nécessité d’une armée forte pour un État stable.
Un constat a également été dressé sur l’infantilisation par les grandes puissances. Le chef de l’Etat a annoncé sa volonté de voir des pays africains désarmés, soulignant que « sans armée forte, il n’y a pas d’État ».
Enfin, Ibrahim Traoré a mis en garde contre les dangers de la peur qui, selon lui, mène à l’hésitation. « Notre détermination et notre clarté d’objectifs sont les clés pour préserver la nation. »
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Pour le capitaine Ibrahim Traoré, l’engagement envers une armée autonome est essentiel pour vaincre les menaces qui pèsent sur le Burkina Faso.
Flora BARO