Sarh : énergie solaire au secours d’un hôpital privé d’électricité
Confronté à de graves difficultés d’alimentation électrique, l’Hôpital provincial Dr Outel Bono de Sarh vient de bénéficier d’une dotation de 36 panneaux solaires de 425 watts chacun. Une initiative du Conseil provincial du Moyen-Chari destinée à améliorer la continuité des soins, alors que les coupures de courant perturbent les accouchements, les interventions chirurgicales et la prise en charge des urgences.
Des coupures de courant aux conséquences alarmantes
À Sarh, l’accès à l’électricité dans les structures sanitaires demeure un enjeu majeur de santé publique. Le samedi 10 octobre 2026, le Conseil provincial du Moyen-Chari a remis 36 panneaux solaires à l’Hôpital provincial Dr Outel Bono, dans l’espoir de réduire les conséquences des interruptions de courant sur les activités médicales.
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Lors de la cérémonie, le directeur de l’établissement, Youssouf Mamai, a décrit une situation préoccupante. Les coupures d’électricité compliquent le travail du personnel soignant, notamment pendant les accouchements, les opérations chirurgicales et les interventions d’urgence. Dans certaines circonstances, les agents de santé ont même dû utiliser la lumière de leurs téléphones pour poursuivre les soins.
Actuellement privé de l’alimentation de la Société nationale d’électricité (SNE), l’hôpital dépend d’un groupe électrogène pour assurer son fonctionnement. Une solution de secours qui souligne la fragilité des conditions de prise en charge des patients.
Dotation pour renforcer la sécurité des patients
Les 36 panneaux solaires, d’une puissance unitaire de 425 watts, représentent une capacité totale de 15,3 kilowatts-crête. Leur installation pourrait contribuer à réduire la dépendance de l’établissement aux sources d’énergie traditionnelles, sous réserve de la mise en place des équipements complémentaires nécessaires.
Le délégué provincial de la Santé publique et de la Prévention, Dr Menkounyo Kolmian Gédéon, a salué cette initiative, estimant qu’elle est susceptible d’améliorer la sécurité des patients et les conditions de travail du personnel médical.
Il a néanmoins insisté sur la nécessité d’assurer l’entretien régulier et la sécurisation des équipements. Car au-delà de la remise du matériel, la durabilité de cette solution dépendra de la qualité de son installation, de sa maintenance et de sa capacité à répondre aux besoins réels de l’hôpital.
Au-delà de l’électricité, des besoins toujours pressants
Pour Dieudonné Djonabaye, président du Conseil provincial du Moyen-Chari, cette dotation traduit l’engagement de l’institution en faveur de l’amélioration des services de santé. Il a également plaidé pour le recrutement d’un médecin chirurgien, un besoin important pour renforcer les capacités de prise en charge de l’établissement.
Le responsable a par ailleurs annoncé que l’éclairage de la rue menant à l’hôpital figure parmi les actions envisagées. Une mesure qui pourrait améliorer l’accès à la structure sanitaire, notamment durant la nuit.
De son côté, le délégué général du Gouvernement, Abdramane Ahmat Bargou, a salué cette contribution, rappelant que l’établissement réalise entre 30 et 35 interventions chirurgicales par mois. Un volume d’activité qui illustre l’importance de disposer d’une alimentation électrique fiable pour assurer les opérations et les soins dans des conditions adaptées.
Une solution à l’épreuve de sa mise en service
À Sarh, cette dotation apporte une réponse concrète à une difficulté qui touche directement la sécurité des malades. Toutefois, l’installation de panneaux solaires ne suffira pas, à elle seule, à garantir une alimentation permanente de tous les services hospitaliers.
La mise en service effective du dispositif, son dimensionnement par rapport aux besoins, la disponibilité des batteries de stockage si nécessaire et l’entretien régulier des installations seront déterminants.
L’enjeu est désormais de transformer cette initiative en amélioration durable des soins. Dans un hôpital où l’obscurité a parfois contraint les soignants à recourir à la lumière de leurs téléphones, la fiabilité de l’électricité n’est pas un luxe : elle constitue une condition essentielle de la prise en charge des patients.
Martin HIGDE NDOUBA
Source la Voix du Mandoul