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Tchad : les projets d’énergie se multiplient, mais l’électricité reste rare

À N’Djaména, les grands projets énergétiques s’enchaînent et les annonces promettent une révolution du secteur. Pourtant, pour de nombreux ménages, l’accès à une électricité fiable demeure encore une réalité lointaine. Le lancement prochain de 35 MW solaires du projet RESPITE illustre ce paradoxe.

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Le Tchad veut accélérer sa transition énergétique. Le 7 octobre 2026, le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Passalé Kanabé Marcelin, s’est rendu sur le site du Projet régional d’intervention d’urgence en énergie solaire (RESPITE), à Amboukna, pour superviser l’avancement des travaux. Selon les autorités, le chantier entre dans sa dernière phase et sa mise en service est prévue à la fin du mois d’octobre.

Sur le papier, le projet est ambitieux. Financé par la Banque mondiale, RESPITE prévoit une centrale solaire photovoltaïque de 35 MW, un système de stockage par batteries de 60 MWh et une ligne de raccordement de sept kilomètres à la boucle électrique de N’Djaména.

Une nouvelle promesse pour l’énergie

L’objectif est clair : réduire la dépendance aux centrales thermiques fonctionnant avec des combustibles liquides, particulièrement coûteux, et contribuer à diminuer le coût de production de l’électricité.

Le gouvernement présente cette infrastructure comme un élément important de son ambition de développer un mix énergétique capable de soutenir la croissance économique. Le renforcement annoncé des capacités de stockage doit également permettre de mieux gérer l’intermittence de la production solaire.

Mais une question demeure : quand cette révolution énergétique sera-t-elle réellement perceptible dans les foyers tchadiens ?

Car derrière les mégawatts annoncés et les cérémonies officielles, une réalité persiste. Dans plusieurs quartiers de N’Djaména, les coupures et l’irrégularité de l’approvisionnement continuent de compliquer la vie quotidienne. Pour les ménages, les petits commerces, les ateliers et les entreprises, disposer d’une électricité stable reste encore un défi.

Des mégawatts, mais pour quels ménages ?

Le paradoxe est saisissant. Le Tchad est devenu producteur de pétrole depuis près de deux décennies, mais cette richesse n’a pas encore permis de garantir un accès généralisé à une électricité fiable.

Le problème n’est donc pas seulement celui de la production. Il concerne aussi le transport, la distribution, l’entretien des réseaux et la capacité à raccorder durablement les ménages.

Multiplier les projets d’énergie est nécessaire. Mais leur véritable succès ne pourra pas se mesurer uniquement en mégawatts installés ou en milliards de francs investis. Il devra se mesurer à la lumière qui reste allumée dans les maisons, aux entreprises qui peuvent travailler sans générateur et aux familles qui n’ont plus à organiser leur quotidien autour des coupures.

La vraie révolution reste à accomplir

Le projet RESPITE constitue une avancée importante. Mais il ne doit pas devenir une nouvelle promesse parmi tant d’autres. Le Tchad a besoin d’une politique énergétique cohérente, durable et surtout visible dans la vie quotidienne.

L’énergie n’est pas uniquement une question d’infrastructures. Elle est une condition du développement, de l’éducation, de la santé et de la compétitivité économique.

Tant que les ménages continueront à attendre le courant pendant que les projets se multiplient, le paradoxe restera entier : un pays producteur de pétrole qui cherche encore à éclairer durablement ses foyers.

Martin HIGDE NDOUBA

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