200 FCFA peuvent-ils conduire derrière les barreaux ? Un homme condamné à 60 mois de prison à Ouagadougou
200 francs CFA, c’est autour de cette modeste somme qu’une dispute entre un client et une restauratrice aurait dégénéré en violences à Ouagadougou. Reconnu coupable de coups et blessures volontaires, un homme a été condamné à 60 mois de prison, dont 24 mois ferme, ainsi qu’à une amende de 500 000 FCFA.
D’une pièce de 200 FCFA à une violente altercation
L’affaire commence en août 2026 dans un petit restaurant de Ouagadougou. Un homme, un habitué des lieux, aurait acheté un repas avant de recevoir sa monnaie. Parmi les pièces rendues, une pièce de 200 FCFA qu’il aurait refusée, la jugeant trop lisse.
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Selon ses explications à la barre, il serait revenu plus tard pour réclamer cette monnaie. Entre-temps, il se serait rendu dans un cabaret de dolo situé à proximité.
La restitution de la pièce aurait alors ravivé la tension. Le monsieur affirme que la restauratrice lui aurait jeté l’argent avant de lui lancer de l’eau sale mélangée à du piment. Une bagarre aurait ensuite éclaté.
La version de la Dame est différente. La restauratrice affirme que l’homme l’aurait insultée après avoir refusé sa monnaie. Elle soutient surtout qu’il se serait avancé vers elle avec une bouteille cassée, avant de la blesser à la tête, au cou et aux deux bras.
Les blessures ont été suffisamment importantes pour entraîner 45 jours d’incapacité temporaire de travail. Après les faits, la victime aurait perdu connaissance avant de porter plainte auprès de la police.
À l’audience, l’homme a reconnu les faits et exprimé ses regrets.
« Je regrette beaucoup. Ça ne devrait pas arriver », a-t-il déclaré devant le tribunal.
45 jours d’incapacité et une condamnation de 60 mois
Devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I, le parquet a considéré que les faits de coups et blessures volontaires étaient caractérisés.
Le ministère public avait requis 60 mois de prison, dont 48 mois ferme, ainsi qu’une amende ferme d’un million de FCFA.
La défense de la dame n’a cependant pas empêché le tribunal de retenir sa culpabilité. Dans son délibéré rendu le 18 septembre 2026, la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I l’a condamné à 60 mois de prison, dont 24 mois ferme, ainsi qu’à 500 000 FCFA d’amende ferme.
Sur le volet civil, le tribunal a également reçu la constitution de partie civile de la dame . L’homme devra lui verser 349 114 FCFA au titre des frais médicaux.
Cette affaire illustre surtout la manière dont un différend portant au départ sur une somme de 200 FCFA peut rapidement prendre une tournure judiciaire lourde de conséquences. Au-delà du montant en jeu, ce sont les violences ayant entraîné 45 jours d’incapacité de travail qui ont été retenues par la juridiction.
À la barre, l’homme avait expliqué avoir consommé « juste une calebasse de dolo » avant les faits. Interrogé sur son comportement, il avait simplement répondu : « C’est l’œuvre du diable. »
Une réponse qui n’aura pas suffi à éviter la condamnation.
AMINA KABO DJARMAH
Source/ Justice Infos Burkina
