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Mali : à Sénou, Assimi Goïta affiche ses ambitions militaires

À Sénou, le 15 septembre, le président de la Transition malienne, le général Assimi Goïta, a inauguré le nouveau quartier général du Bataillon autonome des Forces spéciales et des Centres d’aguerrissement. Un complexe financé sur le budget national et présenté comme un nouvel outil au service de la préparation opérationnelle et de la souveraineté militaire.

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Quartier général taillé pour les forces spéciales

À Sénou, la cérémonie avait tout d’un symbole. Assimi Goïta a procédé à l’inauguration du nouvel État-major du Bataillon autonome des Forces spéciales et des Centres d’aguerrissement (BAFS-CA), en présence de plusieurs responsables civils et militaires. L’événement a également marqué le lancement des opérations du Commandement des opérations spéciales.

Construit sur environ 15 hectares, le complexe a été entièrement financé par le budget national. Il comprend notamment des infrastructures administratives, des dortoirs, un réfectoire, des magasins de stockage, une salle de sport, une salle d’instruction et différentes installations techniques.

Pour Assimi Goïta, l’enjeu dépasse donc la simple inauguration d’un bâtiment militaire. Il s’agit de doter une unité stratégique d’un cadre adapté à ses missions, alors que les forces maliennes sont engagées depuis plusieurs années dans la lutte contre les groupes armés.

La souveraineté passe aussi par les casernes

Le choix du financement national n’est pas anodin. Dans le discours officiel, Assimi Goïta inscrit cet investissement dans une volonté plus large de modernisation de l’outil de défense et d’autonomie logistique. Les autorités maliennes mettent notamment en avant la capacité du pays à financer lui-même les infrastructures destinées à ses forces spéciales.

Cette orientation traduit un changement de paradigme revendiqué par les autorités de transition : la souveraineté ne se limite plus au contrôle politique ou diplomatique. Elle se mesure également à la capacité d’un État à former ses soldats, à les équiper et à construire les infrastructures nécessaires à leur emploi opérationnel.

Assimi Goïta veut ainsi faire de l’armée l’un des principaux instruments de cette souveraineté revendiquée. Mais une infrastructure, aussi moderne soit-elle, ne constitue qu’un maillon de la chaîne. L’efficacité d’une force spéciale repose également sur la formation, le renseignement, la logistique, la coordination et la capacité à maintenir durablement les équipements.

Nouvelle architecture pour les opérations spéciales

La cérémonie a également été marquée par la remise de brevets à de nouveaux opérateurs des Forces spéciales, de distinctions militaires et des insignes du Commandement des opérations spéciales. Le dispositif réunit notamment le BAFS-CA, la Force antiterroriste, le Groupement de reconnaissance et d’intervention et la Force spéciale Air.

Pour Assimi Goïta, cette nouvelle organisation doit accompagner la montée en puissance des forces maliennes face aux menaces sécuritaires. Elle donne surtout une traduction concrète au discours sur l’autonomie stratégique : disposer de ses propres hommes, de ses propres infrastructures et d’un commandement mieux structuré.

Reste désormais à mesurer cette ambition sur le terrain. Car pour Assimi Goïta, le véritable défi ne sera pas seulement d’inaugurer des infrastructures, mais de transformer cet investissement national en capacités militaires durables. Au Mali, la défense est désormais présentée comme l’un des piliers de la souveraineté. Et c’est dans l’épreuve des opérations que cette promesse sera véritablement jugée.

Martin HIGDE NDOUBA

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