Alphabétisation: Dr Goulé Koudji, derrière les 2 876 centres un immense défi
À l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée le 8 septembre, le gouvernement tchadien met en avant les progrès réalisés dans l’éducation non formelle. Avec 2 876 centres actifs et plus de 140 000 apprenants accueillis en dix ans, le défi reste immense : transformer l’alphabétisation en véritable outil d’émancipation sociale et économique.
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Lire, écrire, mais surtout participer
L’alphabétisation n’est plus seulement cette affaire de cahiers, de lettres et de chiffres. Dans un pays confronté aux défis de la pauvreté, du chômage et de l’exclusion sociale, elle devient une question de dignité et de citoyenneté.
À l’occasion de la Journée internationale de l’alphabétisation, célébrée sous le thème « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité », Dr Goulé Koudji, secrétaire d’État à l’Éducation nationale, au Bilinguisme et à la Promotion civique, a rappelé l’importance stratégique de ce secteur.
Pour Dr Goulé Koudji, apprendre à lire et à écrire doit désormais aller bien au-delà de l’acquisition des connaissances de base. L’alphabétisation doit permettre aux citoyens de s’insérer dans la vie économique, sociale, culturelle et civique de leur pays.
2 876 centres, mais pour quels besoins ?
Le chiffre mérite d’être souligné : le Tchad compte aujourd’hui 2 876 centres d’alphabétisation actifs. Au cours de la dernière décennie, plus de 140 000 personnes ont fréquenté ces structures, dont 60 % de femmes.
Une avancée significative dans un pays où l’accès à l’éducation reste encore profondément inégal selon les territoires, le genre et les conditions sociales.
Dr Goulé Koudji met également en avant la diversification des formations proposées. Certains apprenants ne quittent plus les centres avec seulement la capacité de lire et d’écrire. Ils bénéficient aussi de formations professionnelles dans la menuiserie, l’électricité, la mécanique, la transformation des produits ou encore la teinture.
Cette orientation traduit une réalité simple : savoir lire sans pouvoir gagner sa vie ne suffit pas toujours à sortir durablement de la précarité.
Les langues nationales comme passerelle
L’autre chantier concerne la valorisation des langues nationales. L’enseignement dans les langues maîtrisées par les apprenants apparaît comme une réponse aux limites d’un système éducatif souvent éloigné des réalités linguistiques des populations.
La stratégie du « Faire-faire », l’élargissement de l’offre éducative et la diversification des parcours constituent ainsi des pistes explorées par les autorités. Mais le véritable défi reste celui de la qualité et de la pérennité.
Selon Dr Goulé Koudji, les programmes doivent désormais intégrer les programmes doivent désormais intégrer l’éducation environnementale, les compétences numériques et financières ainsi que les bonnes pratiques agricoles et pastorales.
Alphabétisation face aux défis du XXIe siècle
Le Tchad ne peut plus concevoir l’alphabétisation comme un simple programme social périphérique. À l’heure du numérique, des changements climatiques et des mutations économiques, savoir lire doit aussi signifier savoir comprendre le monde qui change.
Le message de Dr Goulé Koudji pose donc une ambition plus large : faire de l’alphabétisation un instrument de prospérité et non seulement un indicateur administratif.
Avec 2 876 centres actifs, le pays dispose d’une base. Reste désormais à savoir si ces centres auront les moyens humains, pédagogiques et financiers nécessaires pour transformer durablement les apprenants en acteurs de leur propre développement. Dr Goulé Koudji et son département ont là un chantier dont l’importance dépasse largement les salles de classe.
Martin HIGDE NDOUBA
