Moyen-Chari : les produits périmés finissent au bûcher
Au Moyen-Chari, les autorités ont lancé un signal clair aux commerçants et aux consommateurs. Une importante quantité de marchandises jugées impropres à la consommation a été détruite lundi 24 août. Derrière cette opération sanitaire se pose une question plus large : comment empêcher durablement les produits périmés de retrouver les étals ?
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Opération qui ne doit rien au hasard
À Sarh et dans les localités environnantes, la lutte contre les produits périmés prend une nouvelle tournure. La Délégation provinciale du Commerce et de l’Industrie du Moyen-Chari a procédé, lundi 24 août 2026, à l’incinération de plusieurs marchandises retirées du circuit de commercialisation à la suite de contrôles.
L’opération, menée à l’extérieur de la ville, a notamment porté sur une quantité importante d’eau de marque « C’est Bon », saisie lors de précédentes opérations. À cette cargaison se sont ajoutés des sacs de farine, diverses denrées alimentaires ainsi que des médicaments arrivés à expiration.
La destruction de ces produits répond à une nécessité évidente : éviter qu’ils ne soient remis clandestinement sur le marché. Car lorsqu’un produit périmé échappe au contrôle, c’est directement la santé du consommateur qui peut être exposée.
La responsabilité ne peut pas être à sens unique
Les autorités présentes ont salué l’initiative et appelé à davantage de vigilance. Le premier adjoint au maire, Djimasra Madjadina, a invité la population à accompagner les agents chargés des contrôles.
Un appel qui mérite d’être entendu. La protection du consommateur ne peut pas reposer uniquement sur les épaules des services administratifs. Le commerçant, le grossiste, le transporteur et même l’acheteur ont leur part de responsabilité.
Le délégué provincial du Commerce et de l’Industrie, Haroun Ousmane, a, lui aussi, insisté sur les dangers liés à la consommation des produits périmés. Il a appelé les commerçants à davantage de responsabilité et les citoyens à signaler les marchandises suspectes ou arrivées à expiration.
Cette démarche est d’autant plus importante que certains consommateurs, faute d’information ou de moyens, peuvent être tentés d’acheter des produits à bas prix sans vérifier leur date de péremption.
Contrôler aujourd’hui pour éviter les drames de demain
Le secrétaire général du département de Barh-Koh, Ngomsembaye Allahoguinan Voltaire, a également salué l’implication des forces de défense et de sécurité dans la surveillance des circuits de distribution.
Mais brûler les produits périmés ne doit pas devenir l’unique réponse. La véritable bataille se joue en amont : renforcer les contrôles dans les marchés, surveiller les entrepôts, sanctionner les récidivistes et sensibiliser régulièrement les consommateurs. Car détruire une cargaison est une chose, empêcher son renouvellement en est une autre.
Dans le Moyen-Chari comme ailleurs, la lutte contre les produits périmés devrait donc s’inscrire dans la durée. Les consommateurs ne demandent pas seulement des opérations spectaculaires d’incinération. Ils veulent pouvoir faire leurs achats sans craindre de mettre leur santé en danger.
L’opération du 24 août constitue ainsi un avertissement aux commerçants peu scrupuleux : les produits périmés n’ont pas leur place dans les rayons. Mais elle rappelle surtout une évidence : la sécurité alimentaire commence par un contrôle efficace, régulier et sans complaisance
Martin HIGDE NDOUBA

