Chari-Baguirmi : les armes, munitions et stupéfiants sortent de l’ombre
Dans le Chari-Baguirmi, les forces de sécurité ont intensifié leur présence dans plusieurs zones considérées comme sensibles. L’opération menée samedi 15 août à Koundoul, Mandélia, Etena et Kournari a permis de mettre la main sur un important arsenal ainsi que sur plusieurs produits issus de trafics illicites. Une démonstration de force qui traduit la volonté des autorités de reprendre le contrôle du terrain.
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Une opération pour reprendre le terrain
Le Chari-Baguirmi n’a pas été choisi au hasard. À quelques kilomètres de N’Djamena, la province constitue un espace stratégique, traversé par des axes de circulation et exposé à différents réseaux de contrebande. Face à cette situation, les Forces de sécurité intérieure ont investi plusieurs secteurs identifiés comme sensibles.
L’opération, coordonnée et supervisée par le Contrôleur général Hachim Haroun Déby, directeur de la Sécurité publique, visait officiellement à renforcer la protection des personnes et des biens. Mais derrière les contrôles se dessinait également un autre objectif : détecter les menaces, désorganiser les réseaux clandestins et empêcher la circulation d’armes susceptibles d’alimenter la criminalité.
À Koundoul, Mandélia, Etena et Kournari, les forces engagées ont procédé à des opérations de fouille et de contrôle. Le bilan communiqué à l’issue de l’intervention révèle l’ampleur des découvertes.
Les trafiquants dans le viseur
Dans le Chari-Baguirmi, les saisies d’armes constituent le principal fait marquant de cette opération. Six fusils de type AKM, cinq pistolets automatiques, deux pistolets artisanaux et deux pistolets d’un ancien modèle ont été récupérés par les forces de sécurité.
À cet arsenal s’ajoutent 17 chargeurs et 367 cartouches de différents calibres. Des chiffres qui donnent une autre dimension à l’opération. La présence d’un tel volume d’armes et de munitions dans des circuits clandestins pose inévitablement la question de leur provenance, de leur destination et des réseaux capables d’en assurer la circulation.
Pour les autorités, le défi dépasse donc la simple saisie. Il s’agit désormais d’identifier les acteurs qui alimentent ces circuits et de remonter les filières.
Contrebande et stupéfiants dans le viseur
Le Chari-Baguirmi fait également face à une autre menace : celle des trafics de produits illicites. Les forces de sécurité ont saisi six cartons de cigarettes de contrebande, d’importantes quantités de boissons frelatées et 48 bouteilles de liquide destiné à la chicha.
Des substances stupéfiantes, notamment du cannabis, ont également été découvertes. Une accumulation de produits qui témoigne de la diversité des activités clandestines ciblées par les autorités.
Au-delà des saisies, cette opération entend envoyer un message aux trafiquants : les zones sensibles ne doivent plus être considérées comme des espaces sans contrôle. Dans le Chari-Baguirmi, les forces de sécurité veulent manifestement occuper le terrain et maintenir la pression.
Reste toutefois une question essentielle : ces opérations ponctuelles permettront-elles de démanteler durablement les réseaux qui alimentent la circulation des armes, des munitions et des produits interdits ? La réponse dépendra autant de la régularité des contrôles que de la capacité des enquêteurs à remonter jusqu’aux commanditaires.
Pour les populations du Chari-Baguirmi, l’enjeu est simple : vivre dans des localités où la sécurité ne repose pas seulement sur des opérations coups de poing, mais sur une présence durable de l’État.
Martin HIGDE NDOUBA

