SONEMIC : La bataille de la gouvernance minière est lancée
La validation du Référentiel national de gouvernance, de structuration et de formalisation de l’exploitation minière artisanale marque une nouvelle étape dans la stratégie des autorités tchadiennes. En prenant les commandes de cette réforme, la Société Nationale d’Exploitation Minière et de Commercialisation (SONEMIC) ambitionne de mettre fin au désordre qui caractérise une partie du secteur. Mais entre les textes et leur application, le chemin reste semé d’embûches.
Réformer un secteur aussi stratégique que sensible
L’exploitation minière artisanale fait vivre des milliers de Tchadiens et alimente une part importante de l’économie informelle. Or, malgré son potentiel, cette activité demeure largement marquée par l’absence de règles uniformes, la faiblesse des contrôles et des circuits de commercialisation souvent opaques. Cette situation prive l’État d’importantes recettes et expose les exploitants à une forte précarité.
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C’est dans ce contexte que la SONEMIC a réuni, ce 29 juillet 2026, les principaux acteurs du secteur autour d’une même table. Sous la présidence de la ministre des Mines, du Pétrole et de la Géologie, Fatimé Haram Acyl, la rencontre a débouché sur la validation du Référentiel national de gouvernance, de structuration et de formalisation de l’exploitation minière artisanale.
Plus qu’un simple document administratif, ce référentiel se veut une feuille de route destinée à redéfinir les rapports entre l’État, les exploitants artisanaux et les différents intervenants de la filière. Pour la SONEMIC,il s’agit de poser les bases d’un secteur plus organisé, plus transparent et davantage capable de contribuer à l’économie nationale.
Véritable défi commence maintenant
Sur le papier, les ambitions sont élevées. Le référentiel prévoit une meilleure identification des exploitants, une organisation des sites d’extraction, un renforcement des mécanismes de contrôle et une professionnalisation progressive des acteurs. Il met également l’accent sur le respect des normes environnementales et sur une meilleure traçabilité des ressources.
Mais l’expérience montre que les réformes du secteur extractif se heurtent souvent aux réalités du terrain. L’immensité des zones minières, le manque de moyens de contrôle, les réseaux informels bien implantés et la faible sensibilisation des exploitants constituent autant d’obstacles qui pourraient ralentir cette dynamique.
La SONEMIC devra donc convaincre par des résultats concrets. Sa crédibilité dépendra moins de la qualité du référentiel que de sa capacité à accompagner les exploitants, à lutter contre les pratiques illégales et à instaurer une gouvernance réellement efficace.
Au-delà de la réglementation, cette réforme pose une question essentielle : comment faire en sorte que les richesses minières profitent davantage aux populations et au développement du pays ? Si elle réussit ce pari, la SONEMIC pourrait devenir l’un des piliers de la modernisation du secteur extractif tchadien. Dans le cas contraire, ce référentiel risque de rejoindre la longue liste des réformes ambitieuses dont les effets sont restés limités sur le terrain.
L’enjeu dépasse donc la simple adoption d’un texte. Il s’agit désormais pour la SONEMIC de démontrer qu’une gouvernance rigoureuse, une exploitation responsable et une meilleure valorisation des ressources naturelles peuvent devenir une réalité au Tchad. La réussite de cette réforme sera un test majeur pour la SONEMIC et, plus largement, pour la politique minière nationale.
Martin HIGDE NDOUBA

