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318 morts en deux ans : jusqu’où iront les conflits intercommunautaires ?

Au Tchad, les conflits intercommunautaires continuent de semer la mort et la désolation. Selon les chiffres présentés par le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, Ali Ahmat Aghabache, devant le Sénat le 1er juin 2026, 318 personnes ont perdu la vie et 315 autres ont été blessées entre 2024 et 2025. Derrière ces statistiques alarmantes se cachent des familles brisées, des villages détruits et une cohésion nationale mise à rude épreuve.

Tragédie qui ne cesse de se répéter

Les chiffres dévoilés au Sénat ont l’effet d’un électrochoc. En seulement deux années, les conflits intercommunautaires ont causé des centaines de victimes à travers le pays. Ces violences ne sont plus de simples incidents isolés. Elles révèlent des tensions profondes liées à l’accès aux ressources, aux rivalités foncières, aux déplacements de populations ou encore à la faiblesse des mécanismes locaux de médiation.

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Chaque décès représente une perte irréparable pour une famille et pour la nation tout entière. Dans plusieurs provinces, les conflits ont laissé derrière eux des maisons incendiées, des champs abandonnés et des communautés vivant dans la peur permanente.

Menace pour l’unité nationale

Au-delà du bilan humain, ces conflits fragilisent le tissu social tchadien. Ils alimentent la méfiance entre communautés qui ont pourtant longtemps cohabité dans la paix. Lorsque la violence devient un moyen de règlement des différends, c’est l’autorité de l’État qui est remise en question.

Le danger est réel : laisser perdurer ces conflits reviendrait à accepter l’installation progressive d’une instabilité chronique dans certaines régions. Or, aucun projet de développement durable ne peut prospérer dans un climat d’insécurité et de division.

Des mesures attendues, mais à concrétiser

Face à cette situation préoccupante, le gouvernement annonce le renforcement des patrouilles de sécurité, l’équipement des forces de défense et de sécurité en motos ainsi que le recrutement de 1 000 policiers et 1 000 gendarmes. Ces décisions vont dans la bonne direction, mais elles devront être accompagnées d’actions préventives.

La réponse sécuritaire seule ne suffira pas à résoudre durablement les conflits. Il est indispensable de renforcer les mécanismes de dialogue communautaire, d’impliquer les autorités traditionnelles et de promouvoir une justice rapide et équitable pour prévenir les cycles de vengeance.

Faire de la paix une priorité nationale

Le bilan présenté au Sénat doit servir d’avertissement. Les conflits Le bilan présenté au Sénat doit servir d’avertissement. Les conflits intercommunautaires ne sont pas une fatalité. Ils peuvent être prévenus si l’État, les leaders locaux et les citoyens agissent ensemble avec responsabilité et détermination.

Le Tchad a toujours tiré sa force de sa diversité. Préserver cette richesse exige aujourd’hui des mesures courageuses, mais surtout une volonté collective de faire de la paix, du dialogue et de la cohésion sociale des priorités absolues.

Martin HIGDE NDOUBA

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